Alcest – Shelter

In Chroniques d'Albums, Le Mag by Corentin Le Denmat0 Comments

Alcest est un projet musical français formé en 2000 et basé à l’origine à Avignon. Le groupe a été fondé et est mené par Neige, multi-instrumentiste et membre d’autres projets black metal comme Peste NoireAmesoeurs ou Les Discrets.

Bien qu’Alcest fut au départ un groupe de black metal, Neige son frontman fit évoluer leur style, devenant ainsi une alliance entre shoegaze et post-rock avec des influences black metal.

Le premier album d’AlcestSouvenirs d’un Autre Monde sorti en 2007, fut le sujet de nombreux articles indépendants, notamment de webzines consacrés aux scènes underground. Sa suite, Écailles de Lune, sorti en 2010, a vraiment permis au groupe de se construire une certaine renommée aux Pennsylvania casinos USA.

Leur 3ème opus, Voyages de l’Âme au single Autre Temps, est un véritable échappatoire au monde réel comme le réclame Alcest. Grâce à lui, ils consolident leur notoriété aux Etats-Unis, tout en restant quasi-inconnu en France où le black métal est clairement peu plébiscité.

Puis sort mi-Janvier 2014, leur 4ème album : Shelter, qui marque un changement dans la carrière du groupe. Produit par  Birgir Jón Birgisson, producteur notamment de Sigur Ros, l’album adopte une identité sonore bien plus post-rock.  On note un net adoucissement des compositions du groupe.

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Ainsi l’album débute très lentement avec l’intro Wings qui nous prouve déjà qu’ Alcest a changé de direction. Suit Opale, single du LP, dont les guitares cristallines s’avèrent simple mais efficace.

Les envolées épiques restent rares dans cet album, mais on en retrouve tout de même dans Voix Sereines, seul vestige de métal de la production et  presque l’unique partie de l’album où on entendra de la guitare avec distorsion.  On retrouve ensuite un appréciable Eveil Des Muses, puis un titre éponyme plutôt ennuyant.  Les deux derniers morceaux de l’album constituent  la meilleure partie de l’album et celle où le travail de l’ingénieur son prend tout son sens.

Sur la mélancolique Away, on retrouve Neil Halstead (Slowdive) qui assure le chant avec brio, ainsi que le quatuor de cordes Amiina que les fans de Sigur Ros ou Yann Tiersen connaissent déjà.

 

Délivrance, morceau longue-durée vient conclure l’album avec une touche planante et délicate.

Sur cet album, le groupe français semble définitivement abandonner le métal pour s’adonner à des mélodies plus atmosphériques. Ce changement de cap n’est cependant pas synonyme de renouvellement mais il faut avouer que cela reste courageux de leur part de tenter cette scission qui déplaira à de nombreux fans de la première heure.

En tous cas, outre-atlantique le magazine Rolling Stone fait figurer le groupe français dans sa liste des dix espoirs du rock pour 2014. Un honneur dont on peut espérer qu’il aura suffisamment de retentissement par ici pour permettre à Alcest  d’être enfin considéré à sa juste valeur sur ses terres d’origine.

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