IAMDDB – Hoodrich, Vol. 3 : revue piste par piste

In by Sylvain Samy0 Comments

Manchester c’est bien plus que City et United, c’est aussi un max de pépite musicale ! Sleazy F, Dyno, Justbanco, Two4kay pour ne parler que d’eux, mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est une perle anglaise du Portugal : IAMDDB. L’artiste de 21 ans a commencé à se faire une bonne réputation en 2017, notamment avec son troisième projet Hoodrich, Vol. 3. Avec un style musical qu’elle qualifie elle-même d’« Urban Jazz », l’anglaise évolue dans un univers entre la néo-soul, le jazz et un R&B alternatif qui peut faire penser au projet 3 de Willow Smith. Pour ce troisième projet, on ressent l’influence trap qu’elle associe à sa propre évolution. Que vaut donc ce dernier projet de sept titres qui lui a apporté sa notoriété ? Checkons ça !

 

• Conjuring

Ayyyyyy, Tony Montana ! Le projet commence fort avec un banger qui change des ses sons précédents, plus smooth. Ici, l’instru débute avec des sons orages et des synthés écrasées donnant un air de film d’horreur pour mettre l’auditeur dans l’ambiance. À mesure que la menace approche, le beat repart en s’accélérant et IAMDDB fait son apparition. La chanteuse débute en rappant, et c’est loin d’être mauvais, à vrai dire c’est même du très bon ! On se laisse emporter dans le délire sassy de l’anglaise. Un titre qui marque l’évolution de l’artiste et qui annonce du bon pour la suite !

 

• Running

Ambiance plus lente. C’est dorénavant acté, les prods de la mancunienne sont plus sombres et plus tranchantes. Avec toujours ce côté trap, la rappeuse/chanteuse n’a ici pas le temps pour tous ceux qui veulent profiter d’elle et on peut sentir le mépris transpirer de son flow. Toujours accompagnée de ces « yayy yayy », elle prévient la concurrence d’un très sobre « look out lil b*tch ». Dans le délire keep it real, le morceau est assez agréable à l’écoute mais n’a pas forcément le potentiel d’un hit.

 

• Shade

On touche ici au gros succès du projet. Le banger de l’album c’est lui ! Toujours dans une atmosphère très trap, IAMDDB se la joue bad bitch, et c’est archi efficace ! Niveau lyrics on est loin d’un Kendrick Lamar, mais ça reste acceptable et le but avoué ici est plus de worker que de réfléchir au contenu. Toujours très cohérent avec les premiers morceaux de l’album, on se laisse emporter par les gimmicks du refrain et par son impertinence : « I heard about this bitch called Ruby, She’d been makin’ moves to man that knew me, Oooh, I think I like her, like her, like her, I might have to wife her, wife her, wife her« . Bref, du très bon.

 

• Ooo

Sur ce morceau, on reste dans le même registre que les premiers morceaux de Hoodrich, Vol. 3, et c’est un peu dommage, on commence à s’y habituer. Si ce nouveau morceau très trap n’est pas foncièrement mauvais, il n’a rien d’exceptionnel et semble avoir atterri dans la tracklist finale plus par soucis de cohérence que par ses (réelles) qualités. Sympathique mais sans plus.

 

• G.A.F.

DDB don’t give a fuck. Avec ce morceau, on reste dans la même logique de la « sassy b*tch », mais l’instru est franchement sympathique, toujours accompagné de basses traps, le morceau est rythmé par des notes de piano jazzy qui apporte plus de structure à la chanson et un véritable air entrainant. La production se renouvelle un peu, et à ce moment de l’album c’est vraiment plaisant.

• Trophy

Avec Trophy, IAMDDB se rapproche de ses projets antérieurs, laissant un peu de côté l’aspect trap et sassy qui prédominait. Les sonorités sont ici plus aériennes et on retrouve le plaisir d’entendre l’anglaise chanter. Luxe, luxure et Paris, le titre pourrait être l’illustration sonore d’une post bad instagram. Certains aimeront, d’autres non.

 

• More

L’album se conclut sur une note personnelle. Dans ce titre qui reste lui aussi plus proche de ces précédents travaux, elle aborde sa relation avec Sleazy F. Le morceau est très envoutant et conclut très bien le projet. On se laisse bercer par l’instru qui dispose d’une légère influence jazz dans sa structure. À ne pas oublier, IAMDDB est la fille du jazzman De Brito, et son influence reste perceptible sur ces différentes chansons.

https://www.youtube.com/watch?v=9jytbdG_f2Q

 

 

Conclusion

Avec Hoodrich, Vol. 3, IAMDDB affirme son statut de potentielle grande de la scène urbaine. Elle nous propose un album très cohérent musicalement et qui montre son évolution en tant qu’artiste en étant plus sombre, mais la qualité reste présente, et mis à part Ooo, l’album est porté par de très bon titres qui devrait aider IAMDDB à développer son nouveau statut.

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