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Interview – Dead Horse One @L’Embobineuse

In Interviews, Le Mag by Corentin Le Denmat1 Comment

Il y a un mois jour pour jour nous étions à l’Acid Sonic Fuzz Night à l’Embobineuse où se retrouvaient de nouvelles têtes du rock psyché européen pour notre plus grand plaisir. Au programme les locaux Quetzal Snakes firent jaillir de leur guitare fuzz et mur de sons, puis suivirent Dead Horse One fort d’un très bon album, dont le style oscille entre Brian Jonestown Massacre et sonorités shoegazing. Pour terminer les Danois de The Wands  desservirent on ne peut mieux le revival psychedelica de ces dernières années.

Nous eûmes l’occasion avant le début des hostilités de passer un moment sympa avec Dead Horse One.

Depuis combien de temps jouez vous ensemble ? Etiez vous tous des amateurs de shoegaze à l’origine ?

Yvan (claviériste/guitare) : Et bien écoute je suis pas un fan de shoegaze, je viens de la scène rock donc je ne viens pas de ce mouvement à l’origine. Je fais de la guitare et batterie et là Olivier m’a dit qu’il y avait des parties sympas à enregistrer sur leur album aux synthés, c’est pour ça que je me retrouve là.

Ludovic (basse/chants) : Je joue de la basse dans le groupe. Je ne suis pas non plus à fond dans le shoegaze. Moi c’est plus la folk et pop minimaliste. Après j’aime bien ce mouvement quand même, A Place To Bury Strangers, j’aime bien mais je ne suis jamais allé explorer l’intégralité de cette scène.

Olivier (chants/guitare) : Ça fait depuis 2010 qu’on existe. Antoine qui est là-bas (le batteur) et qui reste silencieux est l’un des membres originels de Dead Horse One. Il est aussi le guitariste d’H-Burns. Après oui je connais bien cette scène, j’y ai baigné depuis que je suis jeune.

Du coup quelles ont été les influences pour votre EP et votre premier album ?

Olivier : Ecoute j’ai écouté les Black Angels et je me suis dit que j’allais faire pareil (rires).

Yvan : Quand j’ai regardé les compos et les tracks qu’on sortait, j’ai vu que ça sonnait comme Ride et BJM. Du coup je suis allé écouter ce que ces groupes faisaient et ce que je retrouve chez eux c’est plus une manière d’appréhender le son dans chaque track. C’est plus une référence qu’une inspiration dans notre cas.

Olivier : Pour faire simple, j’ai quarante-deux balais là et quand j’avais 18 ans comme tous les gamins en Europe on écoutait Creation Records. C’était le label. Il y avait House Of Love, les Pale Saints, Boo Radleys, il y avait Ride, MBV tout ça. J’ai grandi avec ça, c’est dans mon ADN et on essaye de reproduire ça inconsciemment. C’est ce que Newcombe a fait avec le BJM à un moment (Methodrone). D’ailleurs c’est l’un des derniers groupes qui, dans ces années, a sorti un album du genre. Après, en 1991, le shoegaze a été soufflé par Nevermind, Nirvana et toute la scène grunge.

Donc pour toi le Grunge a totalement soufflé le shoegaze au début des 90’s ?

Olivier : Tu as eu quatre années glorieuses pour Creation RecordsMc Gee s’est blindé. Après le grunge est arrivé, et a tout soufflé. Même des groupes comme Ride se sont mis à faire des albums pourris en voulant sonner américain.

Maxime (guitare) : Et puis tu as eu MBV qui a sorti Loveless en 1991. Cet album a tellement coûté à Creation qui n’était pas dans sa meilleure forme que ça a quasiment coulé le label. C’était clairement un groupe culte dans l’underground, mais ce n’était pas des ventes mainstream. Et puis Oasis, qui est sorti sur le label en 1994, les a vraiment sauvé. Après ça a lancé tout le mouvement britpop qu’on connaît désormais.

Du coup pour revenir à votre album et à vos travaux précédents, comment décririez-vous votre son ?

Olivier : C’est dur à décrire. Le rock a plus de trente ans; je prends des éléments de plein de groupes même si au final c’est plus le matos qu’on utilise qui fait notre son.

Yvan : On a le son du matos qu’on utilise. Ça dépend vraiment des instruments. En fonction du son qui va sortir de ton matos, je pense que ça va orienter ta composition.

Pour revenir à vos derniers efforts : vous avez sorti un EP puis un premier album « Without Love We Perish » qui a été produit par Mark Gardener de Ride. Qu’a-t-il vraiment apporté à cet album ? 

Olivier : En fait on a fait nos prises de sons et puis on lui a envoyé des pré-mix. Son rôle était celui d’arrangeur. Dans la composition, dans la genèse des morceaux, il n’est pas du tout intervenu.

Maxime : Je pense que vu les chansons et compositions, c’était assez naturel pour lui puisque ça se rapproche de ce qu’il y avait à l’époque et de ce qu’il faisait.

Yvan : On entend réellement ce qu’il a fait. Ce qu’il a vraiment apporté c’est son côté producteur tout simplement.

Que pensez vous de tout ce revival shoegazing et des reformations successives de MBV, Slowdive, Swervedriver, et bien entendu Ride ?

Yvan : Je trouve ça très opportuniste de leur part de surfer sur la vague de ceux qui ont aimé cette musique à posteriori, de refonder des groupes. Il y a tout un renouveau néo-psyché maintenant et dans les cinq années à venir on va se taper plein de groupes comme ça.

Olivier : Ces mecs n’ont jamais vendu un disque. Ils ont tous des gamins maintenant et ils se font de la thune. On ne peut pas leur en vouloir de cet opportunisme. Ils se sont toujours fait avoir, et de l’autre côté de l’atlantique les américains avec des labels comme Subpop touchaient le jackpot. Et en plus ces mecs jouent bien. C’est pas le cas d’House Of Love qui s’est reformé il y a un an et demi, c’est pitoyable. Le chanteur est tremblotant, ça joue mal, c’est grave. Mais bon Ride à mon avis ils n’en sont pas là, ça ne va pas être la même chose. Ils sont en bonne santé, ça va faire péter les watts. MBV c’est très bon aussi encore, même Swervedriver en live, c’est excellent, les mecs sont même meilleurs maintenant que dans les 90’s. Après je comprends ta vision Yvan, ça ne marche pas tout le temps, il y a un groupe sur deux qui se prend une grande claque.

Maxime : Ces mecs se sont toujours fait arnaquer par Creation, ils n’ont jamais touché quelque chose. Oasis s’est barré parce que c’était la même histoire.

Yvan : Après voir Ride rejouer, ça va être génial mais ce que je reproche à toute cette histoire, ce sont ces nostalgiques qui vont reprendre des sonorités de groupes qui les ont influencés pour y ajouter une certaine originalité et qu’au final ce soit des vieux qui aillent les voir en concert. Ça me gonfle.

Olivier : Au final on fait tous du rock, on fait tous de la pop. On met des étiquettes sur des groupes mais c’est juste qu’à chaque époque il y a certains musiciens qui amènent leur pierre à l’édifice.

Vous êtes en train de tourner pour votre album actuellement mais est ce que vous avez des projets pour la suite ?

Olivier : Notre album va être réédité en vinyle et redistribué en Europe via un label messin appelé La Face Cachée (Feeling Of Love).

Maxime : A l’origine je suis de Metz donc pour parler de La Face Cachée, c’est un disquaire messin qui est devenu également un label.

Quels sont les projets qui vous ont plu en 2014 ?

Olivier : My Lovely Underground (projet de Maxime, guitariste du groupe), le nouveau Warlocks qui est incroyable.

Maxime : Jessica 93,  Mac Demarco et le dernier Feeling Of Love.

Ludovic : Salad Days de Mac Demarco

Yvan : Le dernier Jack White qui est très bien produit je trouve.

Et un concert ?

Maxime : Mac Demarco que j’ai vu au Luxembourg.

Yvan : Future Of The Left et Red Fang.

Ludovic : Cette année pour moi c’était Cobra.

On les remercie pour cette interview très sympa et instructive et vous pouvez retrouver bien entendu leur premier LP Without Love We Perish paru chez Dead Bees et La Face Cachée en téléchargement gratuit. Et oui, Noël oblige.

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