Entre deux dates pour la promotion de leur album #4 nous avons pu rencontrer Nicolas du trio marseillais NASSER dans le studio du groupe.

Bonjour Nicolas, Peux-tu te présenter et présenter NASSER pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Bonjour, alors je suis Nico de NASSER, je suis le batteur et chanteur de ce groupe qui fait suer la foule sur le dancefloor apparemment (rires). NASSER c’est un groupe electro-rock basé sur Marseille qui existe depuis fin 2008/début 2009.

Comment s’est monté le groupe ?

Romain et moi on est réalisateurs de films depuis pas mal d’années (le duo Double Zéro), donc on se connaît très bien depuis très longtemps, on a rencontré il y a quelques années Simon qui faisait la musique pour quelques unes de nos pubs donc on a pas mal travaillé ensemble tous les 3. J’avais déjà fait de la musique avec Simon dans une autre formation.

Et puis un soir on a eu envie de monter un groupe, on a décidé de faire ça rapidement, au début c’était un truc complètement improbable qui s’est transformé en NASSER.

Parlons un petit peu de votre premier album,#4 (prononcer « Numéro 4 »), Pour vos 3 premiers EPs vous étiez chez Leonizer, pour cet album vous avez signé chez Warner France, pourquoi ce changement ?

On avait une envie bien précise de sortir un album physique, pour notre génération un album ça veut dire encore beaucoup de chose : le packaging, un beau digipack, un bel objet… ça représente comme un long métrage, c’est un an et demi de travail.

Leonizer, qui est un excellent label ne nous permettait pas de faire ça, il fallait qu’on parte avec des gens qui avaient peut-être les épaules un peu plus lourdes pour faire ce genre de choses. Warner est en fait le distributeur, le label est un label plus petit qui s’appelle Bonzaï Records, ce sont des anciens mecs d’EMI, qui ont les connexions dans le réseau et qui nous ont permis de faire ça. Ils nous ont fait une belle proposition, on est pas du tout parti fâché de chez Leonizer.

Comment s’est passé l’enregistrement de #4 ? Quelles ont été vos influences, votre état d’esprit ?

Pour enregistrer #4 notre état d’esprit était clairement de proposer un disque un petit peu plus produit au niveau live, c’est-à-dire qui ait une couleur un peu plus rock dans la globalité. Les premiers EP qu’on a sorti c’était le tout début de NASSER, on n’avait pas forcement le matériel et les connaissances pour arriver à faire un produit aussi abouti que #4, donc on est parti sur des productions qui étaient plus synthétiques, plus électro-rock.

Et au fur et à mesure de toutes ces expériences de #1, #2, #3, on est arrivé à #4 qui sonne plus proche du live. Entre temps on a aussi eu 80 dates qui sont passées par là, qui nous ont forgé au live, à un truc plus rock n roll, c’est un mix des deux en fait.

En parlant des lives, quelles sont vos prochaines grosses dates ?

Beaucoup de prochaines grosses dates : on vient de faire un week end lourdement chargé avec le Réperkusound à lyon, le Garorock à Marmande, et le Panorama à Morlaix et après cet été on enchaine le Printemps des Botanniques, les Vieilles Charrues, les Eurockéennes, Solidays, le Paléo festival de Nyons, le Festival de jazz à Montreux beaucoup de grosses dates qui s’enchainent.

Vous tournez beaucoup en France, est ce qu’à l’étranger vous commencez à vous exporter ?

On a envie de s’exporter à l’étranger mais comme on dit chaque chose en sont temps, c’est très compliqué pour les groupes français de s’exporter à l’étranger genre Angleterre, Etats-Unis, Australie, tout ces pays anglo-saxons. C’est très compliqué pour nous petits frenchies par ce qu’il y a déjà une scène très importante.
Pour l’instant pour nous l’étranger c’est la suisse, la Belgique, le Maroc, des pays qui sont encore un peu francophones, mais on espère aller à l’étranger rapidement.

Vous ne comptez pas essayer de jouer de cette notoriété qu’a l’électro française pour essayer de vous imposer ?

Oui, mais avant de jouer cette carte la il faut être suffisamment être reconnu dans ton pays et ta scène francophone pour y arriver. Des groupes qui sont nos maitres dans la matière (LCD Soundsystem, Soulwax, Goose) sont des groupes qui sont déjà bien plus implantés que nous qui font déjà la tournée des festivals, du coup il faut mettre la barre très haute et arriver à cette hauteur avant de faire la tournée des festivals mondiaux, c’est un but pour nous mais il y a du travail, ça ne se fait pas comme ça, soyons modeste et humbles.

As-tu des conseils à donner aux groupes qui se lancent ?

Le seul conseil c’est de ne pas se mettre de barrières, ne pas se dire que les choses sont impossibles, nous aujourd’hui clairement on sort un album distribué par Warner, classé dans le top iTunes, distribué à la Fnac, on fait les plus gros festivals de France cet été… Il y a deux ans on y croyait pas du tout, on n’avait pas cet objectif la. L’objectif c’était de faire un groupe pour se défouler et pour faire danser les gens. Il faut y aller et ne pas se cacher de nos pairs, de nos références. Il faut être honnête avec soi même et avancer.

Aurais-tu une anecdote à nous raconter, ton meilleur souvenir de live par exemple ?

C’était à Solidays l’année dernière, on a joué devant 5000 personnes, juste derrière nous il y avait le groupe du batteur de M qui passait, un groupe complètement barré. Moi j’adore le batteur de M, qui est un sacré musicien et je me rappelle quand on a finit de jouer il vient me voir, me tape sur l’épaule et me dit « NASSER ça déménage, c’est bien ! ». C’est ce genre d’anecdotes qui te fait prendre conscience que ce que tu fais ce n’est pas trop mal et que les gens ont envie d’écouter ta musique.

Plus on fait de festivals plus on rencontre des groupes qu’on aime bien, et on se rend compte que ce sont des gens comme tout le monde, il ne faut pas ce prendre le chou. C’est mon conseil aux gens qui veulent faire de la musique et devenir des stars, restez vous-même sinon ça va pas le faire.

Quel groupe aimes-tu parmi ceux que tu as côtoyés, ou quel est le groupe à surveiller selon toi ?

Goose, Kasabian, Breakbot, Bewitched Hands, Stupeflip…. Les mecs de Poni Hoax aussi, on les aime bien par ce qu’on trouve que c’est un des groupes qui a amené le plus de choses à la scène française ces dernières années, ils ont vraiment quelque chose et puis ont les a côtoyé, c’est devenus des potes. C’est cool de rencontrer tout ces gens la.

Un mot de la fin ?

Achetez des disques pour qu’on devienne riche ! (rires). Merci à vous

Vidéo de l’interview disponible prochainement

Pour la chronique de #4 c’est [par ici->http://www.dynamhit.org/Nasser-4] !