Le retour sur le devant de la scène de Justin Timberlake fait des émois chez Dynam’hit. Entre opinions diverses et partagées, Melhem et Edouard B. nous font part de leurs ressentis sur ce dernier opus du « Prince Of Pop ».

Avis de Melhem :

Après sept ans d’absence, JT revient sur le devant de la scène avec cet album, The 20/20 Experience. Même si Suit & Tie m’avait bien emballé dernièrement, c’est avec peu d’enthousiasme que je me suis lancé dans l’écoute de cet album, étant donné que ses deux précédents albums sont plus ou moins réussis.

C’est donc avec ce morceau qu’il annonce majestueusement son grand retour. Rien à dire, rien à ajouter, c’est tout simplement parfait (malgré la présence quelque peu inutile de Jay-Z je trouve). Instrus excellentes, voix pure, un délice. Ce live est d’autant plus impressionnant. Chaque musicien (et danceur) retrouve sa place dans cette ambiance.

Qu’en est-il du reste de l’album ? On est déjà surpris (là encore) de voir que 6 titres sur 10 dépassent les 7 minutes. La plupart de ces titres comportent deux facettes, la fin étant assez différente du reste.

L’album commence joliment avec Pusher Love Girl et ses beats destructurés lors des dernières minutes. Après Suit & Tie, on retrouve Don’t Hold The Wall, là encore avec une très belle deuxième moitié.

Puis arrivent Strawberry Bubblegum, Tunnel Vision et Spaceship Coupe qui sont tout simplement parfaites. A ce moment précis, on se dit que l’on tient l’un des albums de l’année, sans aucun doute.

That Girl est le morceau le plus court de l’album, une fois de plus, c’est une réussite incontestable.

La chanson la plus étrange est Let The Groove Get In. Les paroles répétitives peuvent légèrement agacer, mais bizarrement elle trouve superbement sa place dans l’album.

L’avant-dernier titre est le deuxième single tiré de cet album, il s’agit de Mirrors. Quand on l’écoute à la fin de l’album, il trouve tout son charme.

Enfin, l’album se termine en beauté et en douceur avec Blue Ocean Floor.

On pouvait craindre la longueur de l’album (70 minutes au total). Mais même aussi long, c’est un régal, pas une seconde d’ennui. Plus qu’un enchaînement de tubes, c’est une vraie histoire.

JT surfe sur cette nouvelle vague RnB qui revient en puissance après de longues années de déchéance, et nous signe ici un très, très grand album pop, proche de la perfection.

Note : 4.5 / 5

Avis d’Edouard :

Après plus de 6 ans d’absence on ne sait pas trop quoi attendre du dernier album de Justin Timberlake : The 20/20 Experience (sorti le 13 Mars). JT a bien grandi depuis son boys band N’Sync et son premier album Justified : il n’est plus considéré comme un stéréotype du minet de l’époque. L’évolution de JT se constate tout d’abord avec FutureSex/LoveSounds (sorti en 2006), une réussite à l’apogée des instrumentales de Timbaland qui témoignait encore d’une certaine originalité à l’époque. Il est encore une fois de retour avec Timbo aux platines, qui à part quelques apparitions plus ou moins réussies depuis son année de folie (succès planétaires des albums de JT et de Nelly Furtado notamment), est resté lui aussi dans l’oubli.

Avec FS/LS, Justin se démarque comme étant un artiste à part entière et le prouve en co-produisant toutes ses chansons, ce qui est encore le cas pour son nouvel album. Il a même co-produit avec Timbaland une grande partie de l’avant-dernier album de Madonna (Hard Candy) dépassant ainsi la production pour ses propres musiques.

Qu’en est-il alors de The 20/20 Experience ? C’est aux Grammys qu’il présente le plutôt orginal “Suit and Tie”, mais son efficacité reste à désirer avec un featuring de Jay-Z sorti de nulle part. Son couplet se caractérise en effet par un flow posé sur un beat très différent par sa lenteur et qui démontre un manque de cohérence. Un beat lent est encore une fois présent sur la chanson qui suit : “Don’t Hold The Wall” où l’on entend Timbaland qui s’immisce, à son style, sur le refrain.

Au niveau de la forme on constate un nombre assez faible de chansons sur l’opus qui s’explique notamment par les chansons très longues qui le composent (une seule fait tout juste moins de 5 minutes et la plupart se battent entre une durée de 7 et 8 minutes par chanson). Ce type de format va à l’encontre du côté radio auquel Justin nous avait précédemment habitués.

Au niveau de la production le trio Timbaland, Timberlake et J-Roc mélangent beats répétitifs, synthés et instruments type violons (“Tunnel Vision”) ou encore riffs de guitare incompréhensibles (“Spaceship Coupe”). On perçoit des sons qui auraient pu se trouver sur Justified (“Strawberry Bubblegum” ou encore le très calme “Blue Ocean Floor”). Même si l’album peine à trouver son identité au cours de l’écoute, il n’en reste pas moins intriguant.

Tout en maintenant une structure pop, JT cherche à pousser les limites du genre sur pas mal de titres y compris le funky mais gentillet “That Girl” (avec un petit côté “Senorita”), appréciable face au flou généralisé de l’album. La chanson qui suit “Let The Groove Get In” fait également sourire par son côté joyeux mais l’amusement ne va pas loin et reste très limité. Le second single est également une réussite de l’album par son côté très catchy mais la ressemblance avec “Cry Me A River” au niveau du beat démontre que Timbo peine à se renouveler. Il serait peut-être temps pour Timberlake de changer de producteur fétiche.

Beaucoup de chansons sont certes relativement agréables à l’écoute mais à vouloir surexploiter cette originalité qui leur est propre, le duo se cogne à des déjà-vus. Par ses faiblesses, cet effort d’originalité donné à l’album ne suffira peut-être pas à plaire aux fans de FS/LS. On se demande finalement à quel public The 20/20 Eperience est réellement adressé. On en attendait plus de ce come-back en tout cas.

Note : 2.5 / 5

Tracklist :

1. Pusher Lover Girl

2. Suit & Tie

3. Don’t Hold The Wall

4. Strawberry Bubblegum

5. Tunnel Vision

6. Spaceship Coupe

7. That Girl

8. Let The Groove In

9. Mirrors

10. Blue Ocean Floor

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