[note4] Keziah Jones, le nigérian de 45 ans créateur de la blufunk, ne faiblit pas et rempile pour un sixième album original en enfilant la combinaison du Captain Rugged, un héros nigérian sévissant à Lagos. L’album s’inscrit dans un projet pluridisciplinaire puisqu’il s’accompagne d’une bd du même nom. L’album et la BD ont été conçus ensemble et avec Native Maqari, un dessinateur et ami nigérian de Keziah Jones. Si vous voulez donc apprécier à sa juste valeur l’album, n’hésitez pas à lire la BD.

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L’album est un retour aux sources, au Nigéria, pour Keziah Jones qui est revenu s’installer à Lagos, il y a quelques années. Il dépeint la réalité « rude » (une des traductions de « rugged ») de la mégalopole de 20 millions d’habitants du Nigéria. Il décrit leur quotidien à travers les yeux de Captain Rugged, super héros afro, provenant des étoiles, aux pouvoirs de survie exceptionnels. Captain Rugged perçoit une Afrique moderne et bouillante mais aussi pleines de désillusions (+ The Free, Utopia) et minée par le capitalisme à l’occidental (Nollywoodoo). Le ton est très critique et sombre (Laughter).

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Musicalement, Keziah Jones joue ce qu’il sait le mieux faire : la Blufunk. Ce mélange, de funk, blues et d’afrobeat marche toujours aussi bien. On apprécie le rythme des morceaux, les différents registres des sonorités et de la voix, les textes engagés. On y trouve plus de ballades soul (Failling, Laughter, + Free, Lunar) que dans les premiers albums. On apprécie  également la présence des cuivres qui apportent un plus rythmique et énergique aux morceaux (Utopia, Rugged entre autres).

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Keziah Jones a donc encore réussi son coup en affinant la portée et la profondeur de sa musique sans renier ses fondamentaux. On en redemande.

Rédigé par

Rodolphe

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