King Crimson et la naissance du rock progresssif

In Le Mag, Pép'hits by Brian Clot0 Comments

Le début des  années 80 et l’explosion de la scène punk ont sans doute marqué la fin de l’âge d’or du rock progressif. Dès lors ce style musical a été fréquemment décrié par la presse spécialisée ;  les critiques s’attaquant  à la supposée cuistrerie des musiciens jugés trop intellos et distants.

Ce mouvement particulièrement ambitieux et novateur, habile fusion de space rock, blues, jazz et musique classique se déploie sur de longues plages techniques, expérimentales  et richement orchestrées. Une ribambelle de synthés (Moog,  Mellotron, orgues Hammond…) et d’instruments classiques viennent en effet compléter l’habituel trio guitare/basse/batterie et redéfinissent  les canons de la musique rock.  Les principales pointures du genre  (Yes, Emerson Lake and Palmer, King Crimson, Genesis) nous ont offert des chefs d’œuvre mésestimés, Dynam’hit a donc décidé de redonner ses lettres de noblesse  à cette scène  en vous faisant (re)découvrir un album fondateur : In the Court of the Crimson King de King Crimson.

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  • Un album légendaire

In the Court of the Crimson King est le premier album du quartet britannique. Enregistrés en juin 1969 à Londres ces cinq morceaux ont à eux seul révolutionné la musique contemporaine. L’effrayante pochette rouge réalisée  par l’informaticien Barry Godber reflète la musique et les textes du groupe et s’inscrit dans la lignée des audacieux artwork prog de Roger Dean pour  Yes et Storm Thorgerson  pour Pink Floyd.

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L’album s’ouvre sur 21st Century Shcizoid Man. Son riff puissant, ses accords dissonants, et  la voix distordue de Greg Lake explosent pendant les premières minutes d’un morceau qui aborde les thèmes de la guerre au Vietnam et l’hyper consumérisme occidental. On se noie ensuite dans un fantastique  tourbillon free jazz  où le jeu subtil et inventif du batteur Michael Gilles accompagne habillement les motifs de la section cuivre.   Une ouverture dantesque qui reste à ce jour le morceau le plus connu de King Crimson.  

Le morceau suivant s’aventure dans des contrées plus douces et mélancoliques. I Talk to the Wind est une merveilleuse ballade folk contemplative, aérienne et onirique qui contraste avec la brutalité de l’ouverture. On notera l’apport des solos de  flûtes et des slides délicats du guitariste Robert Fripp qui font toute la musicalité du morceau.

On en arrive à la grandiose Epitaph qui contient la performance vocale la plus émouvante de l’album . Fripp se distingue à nouveau en nous distillant de fantastiques arpèges se mariant parfaitement avec les couches de synthés et de Mellotron. Moonchild est sans doute le maillon faible du disque. Ce morceau commence merveilleusement avec ses accords jazzy et son ambiance brumeuse avant de se perdre dans d’absconses expérimentations.

Le morceau qui clôt l’album est sans doute le plus beau. The Court of The Crimson King  est une fin épique tout en contrastes et montées en puissances successives qui fait la  part belle aux  choeurs et aux synthés du claviériste Ian MacDonald.

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  •  Une influence large et insoupçonnée

Ce premier opus influence encore bon nombre d’artistes. On notera l’apparition d’une nouvelle scène prog  au début des années 90. Influencée par le metal  et l’electro elle magnifie l’héritage des pionniers du genre. Dream Theater, Opeth, Porcupine Tree et son leader Steven Wilson en sont les principaux acteurs.

Mais cette influence est aussi manifeste dans la culture mainstream. . La démarche artistique de certains groupes ayant un gout prononcé pour le mélange des styles et l’expérimentation peut en attester. Certains morceaux de Radiohead (Nude, The National Anthem) ou de Muse (Exogenesis) sont effectivement empreints de musique classique ou de jazz. On mentionnera enfin le rappeur Kanye West qui sample 21st Century Shizoid Man dans Power, extrait de son album My Beautiful Dark Twisted Fantasy

 

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