Il est exactement 6h09, l’insomnie me mène un combat sans merci en cette nuit du Lundi 13 Octobre 2014. Enfin non, le matin guette, on est Mardi. Quoi qu’il en soit, je viens de me rappeler que le 13 est une date importante. Et pourquoi ? Car aujourd’hui, enfin hier, sortait le troisième album de Koudlam. Et du coup, j’ai décidé de le chroniquer sur fond de soleil levant.

Koudlam

Plantons le décor. Koudlam est né en 1979 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Un peu touche à tout (vidéo, peinture, graff…), il sort son premier album Nowhere en 2006. Mais c’est surtout grâce à son second album, Goodbye, sorti sur le label Pan European Recording en 2009 que l’artiste commence à accéder à une certaine notoriété. Deux ans plus tard, une collaboration avec Scratch Massive, Waiting for a sign, confirme son talent, fondé sur une capacité à maîtriser des instru puissantes en posant cette voix trainante, presque désabusée.

Koudlam sait manier les registres, les styles, les combiner et les fusionner. Et je dois dire que ce nouvel album en est une preuve. Au 4e titre de l’album, j’ai déjà pu sentir des influences hard-tech ultra présentes de Negative Creep, suivies quelques minutes plus tard par l’acoustique de Diving My Own Condor at the Night over the Whole Crap, magnifié par l’étrangeté exquise du riff synthé.

Des bpm surélevés suivis de tracks aux allures de ballades nocturnes, la palette de cet album est large. Koudlam n’hésite pas à user de l’autotune dans Tycoon of love, comme d’effets de réverbe pour rehausser une hard tech trop sèche. The Lands Apes adresse un clin d’oeil à tout initié au travail de Koudlam : un cri d’aigle, animal récurrent dans le travail de l’artiste (on se rappelle du titre aux sonorités d’ailleurs, Eagles of Africa figurant sur le précédent album).

Koudlam aura mis un point d’honneur à composer des mélodies efficaces mais aussi et surtout angoissantes, derrière une certaine gaité apparente, comme en témoigne The Chinese Gig.

Pour finir, je crois que Benidorm Dream est un album fourbe : un détail, parfois imperceptible, vient tromper notre oreille et nous mène au doute quant à ce que l’on doit ressentir – inquiétude, gaité, humour,… Mais là réside le talent du compositeur français, car une oeuvre qui interroge est une oeuvre réussie.

Dernier détail : il semblerait que la tour sur la pochette de l’album soit l’Hôtel Ryugyong, situé dans la capitale de Corée du Nord et haute de 330 mètres. Je pense qu’il s’agit pour lui de marquer le contraste avec ironie en mettant en perspective une ville ultra touristique espagnole (Benidorm) et la capitale du dernier bastion du communisme totalitaire. Mais bon, ce n’est qu’un avis perso.

Quoi qu’il en soit, je vous quitte sur Nostalgia, morceau de 12 minutes qui cloture l’album, ne nous laissant aucun répit, pas même une pointe d’artifice musical pour se rassurer et enfin, enfin, essayer d’aller dormir.

Rédigé par

Sophie Yo

Vice présidente - Respo Event - Eclectic Box