Les Etats-Unis : berceau de la house

In Dynam'Hit News, Emissions, Le Mag, Mix Factory, Musicales by Théophile Coffin0 Comments

L’équipe de Dynam’hit vous propose de retrouver trois Mix Factory dédiées à la house aux Etats-Unis. Celles-ci seront diffusées sur trois mercredis: les 18 et 25 janvier, ainsi que le 2 février. Ce sera l’occasion d’évoquer trois villes essentielles : Chicago, New York et Detroit. C’est trois villes ont une importance indéniable dans la création de la house qui est née dans les années 80 aux Etats-Unis pendant une période de déclin du disco. Ce genre, nouveau à l’époque, est né en pleine crise économique et sociale. Son développement dans ces trois villes américaines n’est pas une surprise, bien au contraire.

Les premières soirées house étaient le moyen d’exulter, de libérer son esprit et surtout de danser. La jeunesse américaine y trouve un refuge dans la période compliquée du moment. C’est surtout un moyen de se mélanger. Pour l’une des premières fois la population américaine se mélange sans tenir compte de sa couleur de peau ou de son orientation sexuelle. La base de ces soirées étant la tolérance, chacun y venait comme il le voulait et personne ne se sentait mis de côté, la priorité absolue étant d’écouter de la house.

Les premiers prémices de la house se trouvent à New York. Larry Levan reprend alors les codes du disco en le prolongeant. Il n’est plus simplement question d’enchainer les tracks mais il faut maintenant les jouer ensemble. Il se fonde une réputation au Paradise Garage et créa plus tard la garage house, un sous genre de la house.

Mais c’est réellement à Chicago que la house prend son envol. Frankie Knuckles alors résident du Warehouse, qui en s’inspirant du travail de Larry Levan, créé des morceaux grâce à des séquences pris sur d’autres morceaux. Le kick y est plus présent, le rythme plus rapide. Avec Your Love la house connait sa première réalisation, le mouvement est prêt à être lancé. Ron Hardy a un rôle tout aussi important que Knuckles et réalise derrière ses platines des prestations uniques au Den One. Il a surtout un rôle très important dans l’acid house, puisque c’est lui qui au Music Box (anciennement le Warehouse) va initier ce sous genre. Mais ce sont bien Phunk, Adonis et DJ Pierre qui vont porter ce sous genre. La house délivre alors des messages parfois politiques qui défendent la cause afro-américaine et la cause homosexuelle. Elle prend son inspiration dans le jazz, le disco, la soul et la funk.

A New York les choses se passent un peu différemment. La ville ayant une histoire et une culture différente de Chicago, la house évolue d’une autre manière. Frankie Knuckles expliquait déjà cette différence à l’époque: « Tous les disques venant de New York étaient à medium ou bas, et les danseurs de Chicago ne voulaient pas de ces tempos toute la nuit, ils avaient besoin de plus d’énergie ». C’était le temps du Garage à New York. Le nom de ce sous genre est dû à un club mythique : le Paradise Garage fondé par un certains Larry Levan. Les vocales ont une très grande importance dans le garage. Les premiers labels de garage new-yorkais font alors leur apparition: Supertonics, Ace Beat en sont certains exemples. C’est alors que l’implémentation de musiques latines font leur apparition. François Kervokian, Junior Vasquez ou encore Masters at Work participent activement à cet essor. Je vous conseille grandement de digger les réalisations de ce dernier groupe qui est composé des grands « Little » Louis Vega et Kenny « Dope » Gonzalez.

C’est tout naturellement que la house s’implante par la suite à Detroit. Une ville historiquement ouvrière, notamment connue pour ses usines automobiles Ford. Derrick May, qui avait vendu à Frankie Knuckles sa première boite à rythme (une TR-909), développe la techno avec deux de ses amis qui sont Juan Atkins et Kevin Sanderson, cette amitié donnera naissance à un groupe : The Belleville Three. C’est grâce à ce groupe qu’ils créeront la techno de Detroit. Il est important de noter l’exclusion d’Eddie Fowlkes du groupe mais qui a eu une importance dans le développement de la techno et il retrouvera certains de ses amis sous le label Metroplex. La techno est un mouvement beaucoup plus sombre et abstrait que la house. De même, les paroles sont moins présentes au départ. Ces caractéristiques viennent notamment de la douleur que les habitants de la « Motor City » peuvent avoir. Cette ville est confrontée à une pauvreté importante et à un déclin économique et social depuis les années 70. C’est dans ce contexte que la nouvelle génération sent le besoin de se libérer dans la techno. C’est tout naturellement que Jeff Mills, Robert Hood, Mad Mike (Mike Banks de son vrai nom), D-Ha (Darwin Hall) forment le groupe le plus connu de la ville : Underground Resistance. Ils ont surtout marqué par leur mise en retrait constante, en cachant leur visage durant leurs mix pour ne mettre en lumière que leurs réalisation et montrer que la musique est le plus important. Leur combat est politique et ils insistent sur la nécessité de changement dans la société. Mad Mike confie par exemple que « sans crise la techno n’aurait probablement pas existé ». C’est dans ce contexte qu’aujourd’hui pour beaucoup de DJs, Detroit est une ville de pèlerinage et son importance est fondamentale dans la création de la techno. Une âme unique semble se dégager dans cette ville qui a perdu beaucoup de ses habitants depuis 40 ans.

La house n’a pas cessé d’évoluer depuis cette époque et elle a su s’exporter en Europe, ce qui a créé d’autres courants. Mais il est incontestable que la house a trouvé son essor aux Etats-Unis. J’ai bien entendu omis beaucoup de noms d’artistes qui ont eu une importance indéniable mais je vous propose de les retrouver lors des trois prochaines Mix Factory. Nous aurons l’occasion de les passer en revu, en musique bien sur!

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