Little Big, l’équivalent russe de Die Antwoord

In Le Mag by Mathieu Lambert0 Comments

Little Big est un groupe de rave russe originaire de Saint-Pétersbourg, formé en 2013. Ils définissent eux-même leur style comme étant de la « Funeral Rave » et sont réputés pour leurs musiques et leurs clips aussi déjantés qu’engagés !

Une percée éclair sur la scène underground russe puis à l’international

Le groupe Little Big a été fondé par Ilya « Ilich » Prusikin, acteur, metteur en scène, scénariste et musicien russe qui s’était notamment illustré en rappant déguisé en Staline. Il est également composé de Sergey Gokk Makarov, Sophia Tayurskaya, Anton Boo Lissov et Olympia Ivleva qui a la particularité d’être naine.

Little Big s’est fait connaître en réalisant le clip délirant « Everyday I’m Drinking » en 2013, une réponse satirique aux préjugés sur la Russie qui ont la vie dure : la vodka et les russes bourrés, les matriochkas, le communisme, les ours et les Pussy Riot.

Pour matérialiser tout ça, leur clip déjanté met en scène des naines déguisées en poupées russes, un clown, des danses typiques de Russie, beaucoup de vodka et même un ours copulateur, le tout sur fond de dubstep… on vous laisse découvrir par vous même :

Le clip fait le buzz en Russie mais également au niveau international et accumule rapidement des millions de vues. Loin d’être médiatisé, à l’instar des groupes à l’esprit punk et aux univers sombres, Little Big se forme néanmoins une fanbase solide à la suite de cette vidéo.

Un groupe engagé, des clips déjantés

Little Big prône une ouverture d’esprit sur les malheurs du monde dans ses textes. Ils se défendent d’être politisés mais essayent souvent de faire passer des messages – grâce au second degré – à travers leurs oeuvres :

Avec le titre « Life in Da Trash » (la vie dans une décharge), on peut voir une critique sociale et la métaphore de la société actuelle, exploitée. Little Big exprime un refus de se faire manipuler par les politiques.

Ou encore « We will push the button » (nous appuierons sur le bouton) qui parodie la puissance militaire et la folie dans laquelle s’est enfermée la Corée du Nord.

Mais c’est surtout grâce à des clips extraordinaires que le groupe continue de gagner en notoriété. Le titre « LollyBomb » qui met en scène une histoire d’amour entre le dictateur nord-coréen Kim Jong Un et une bombe nucléaire atteint plus de 27 millions de vues sur Youtube.

Le clip de Little Big qui a obtenu le plus de vues à ce jour est « Big Dick » avec plus de 37 millions de visionnages. Il met en scène… enfin vous avez compris quoi :

 

La comparaison avec les Die Antwoord

Little Big est souvent comparé au groupe de rave hip-hop sud-africain Die Antwoord. Cette allusion peut faire référence à la ressemblance physique des deux chanteurs principaux de chaque groupe Le Ninja de Die Antwoord, alias Waddy Jones et  Ilya Prusikin de Little Big : grands, maigres, blancs et tatoués.

Mais le surnom de « Die Antwoord russe » ne résulte pas en premier lieu de ces similitudes physiques. Il date d’un concert des Die Antwoord le 2 juillet 2013 au club A2 de Saint-Pétersbourg pour lequel les sud-africains, qui cherchaient un groupe local pour assurer leur première partie, ont fait appel à Litte Big.

Depuis, les comparaisons ont fleuri.

Concernant la musique d’une part : déjantée et rapide, avec des voix tantôt grave tantôt très aiguë. Le style et l’environnement aussi : la rave, sombre, sur des instru souvent proche de la dubstep.

Et c’est surtout au niveau des clips qu’on peut voir une ressemblance entre les deux groupes : des vidéos sont grotesques, absurdes et parfois choquantes.

Mais Little Big reste Little Big

Et pourtant, malgré l’évidence sur les similitudes avec Die Antwoord il y a quelque chose de très original dans Little Big.

Leurs vidéos hyper-cinétiques sont particulièrement addictives, refondant les images stéréotypées de la culture russe les danseurs folkloriques, la vodka, les hooligans vêtus de survêtements, les uniformes militaires de l’ère de la guerre froide, même un clin d’œil à Pussy Riot. Et même si leur musique est presque entièrement électronique, elles ont une énergie punk, folle, forte. Comme ils la décrivent eux même : « Funeral Rave » qui consiste en un mélange entre les films de Rob Zombie et des chants de lutte syndicalistes.

Après avoir sorti leur premier album With Russia From Love en 2014, avec notamment le titre éponyme, ou encore Russian Hooligans, Little Big a sorti l’album Funeral Rave en 2015 avec des sons toujours délirants, et des clips toujours plus extravagants avec Give me your money, Hateful love, ou Big Dick.

Le groupe définit sa musique comme délirante, après tout, c’est ce sur quoi portent leurs chansons : danser et sauter jusqu’à ce qu’on n’en puissent plus. Cette énergie, ils la transmettent de manière encore plus forte en direct lors de leurs concerts, en donnant tout sur scène jusqu’à épuisement du public.

Imaginez-vous donc en live face à ce groupe sur le titre Rave On :

Pour terminer, si vous voulez en découvrir encore un peu plus sur ce groupe, la chaine Arte a réalisé un documentaire sur Little Big, que vous pouvez retrouver juste ici.

 

Mathieu. L

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