Live Report – Global Local @Docks des Suds

In Live Report by Anna Virolle0 Comments

Retour sur la Global Local Marseille, le before officiel de la Fiesta des Suds. Une soirée mêlant des artistes de diverses origines, allant du Dub, à la samba, en passant par du Jazz et de l’électro . L’équipe de Dynam’hit n’a pu s’empêcher de s’y rendre et de vous concocter un petit live report. A savourer !

Le temps d’une soirée, le complexe des docks des suds s’est retrouvé plongé dans un univers atypique bercé par des sonorités tropicales africaines, latines, caribéennes… rassemblant un mix de générations.  S’inscrivant dans cette atmosphère particulière, les performances artistiques se sont ret14627999_10210845416671873_1172654524_nrouvées mêlées  à une une exposition inédite éphémère, dans le salon rouge, du « Mounguy » en compagnie de Trio Combo Brazil et Voilaa Sound System.

On est arrivés aux Docks des Suds sur les coups de 22h30, presque à l’heure pour voir le final de Siska et pour s’imprégner de l’univers qu’elle distille, au croisement de nombreuses influences, hip-hop, jazz, nu soul. Sublime, immense et tout sourire, Siska nous coupe le plaisir de l’entendre davantage et conclut son show. Derrière nous surgit un air brésilien, un Re-Edit d’Oba La Vem Ela de l’éternel Jorge Ben, par le groupe norvégien Folk & Røvere. Juste pour le plaisir, on est allé vous chercher cette pépite dans les entrailles de Youtube.

En peu de temps, la petite salle se remplit de quarantenaires prêts à s’ambiancer sur les vibes exotiques playlistées pour nous faire patienter. Et ça prend, la salle s’échauffe, les générations se mélangent et se déhanchent sur les pépites tropicales que nous diffuse le DJ. Dans ce salon rouge multi-générationnel et multicolore, on danse ensemble sur la musique de l’Autre, et ça fait carrément du bien. Rappelons aussi que la Global Local s’articulait cette année autour des trois destinations que sont Marseille, Glasgow et Trinidad : un grand écart cohérent, vue l’ambiance dans la foule. Passées une petite dizaine de tracks équatoriales, de l’électro commence à retentir dans la grande salle.

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En un instant, le salon se vide et la foule enjouée s’empresse de rejoindre la grande salle investie par un featuring entre Tom Fire et la délicieuse Soom T. Nous suivons le mouvement, et c’est parti, on se retrouve propulsé au coeur de la foule. On aperçoit le Dj qui attaque son set sur une petite intro bien à son image avant de nous balader entre ses vibes électro et dub accompagné de son acolyte. La princesse ragamuffin de Glasgow est sans égal, fidèle à sa réputation, elle n’en finit pas de nous surprendre avec son timbre de voix percutant, et son flow très rapide.

Entre impros et reprises, l’artiste enchaîne parfaitement les tracks, certaines avec un flow lent et d’autres plus rapides, fidèle à son flow de fast styleuse. Un instant, la foule commence à se déchaîner et à bouger sur les rythmiques très grasses et dub et la minute d’après se retrouve plongée sur des vibes plus pop et RnB que l’on retrouve sur le nouvel album de Soom T, Free as a bird, comme le morceau Broken Robots.

Tom Fire n’a cessé de remuer et malaxer la foule, en mélangeant les styles au cours de son set, entre Dub, Pop, Electro ou encore berceuses vicieuses, il a de quoi séduire son auditoire.  Une bien belle alchimie que nous on offert ces deux artistes, réunis par une passion commune.
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La fin du set arrive, Soom T quitte la scène accompagnée de Tom Fire pour laisser place aux saveurs caribéennes, interprétées par nul autre que Anthony Joseph et son groupe. On se fraie une petite place et nous retrouvons juste au devant de la scène. Chaque membre du groupe a son authenticité, du saxophoniste tout droit sorti des rues de la Nouvelle Orléans, aux guitaristes à l’allure reggae,  en passant par les percussionnistes vêtus de boubous africains, pour finir sur Anthony Joseph, l’âme du groupe. Poète, écrivain et musicien, cet artiste a plusieurs cordes à son arc. La prestation qu’il nous propose ce soir la, mêle le jazz aux rythmiques tout droit sorties de l’archipel.

Déchaînés, Anthony Joseph et son groupe embrasent, il faut tout de même l’avouer, le public considérablement plus âgé que nous, jeunes étudiants mélomanes, mais qu’importe, la bête de scène, confiante et robuste, déroule bon nombre de pépites issues de Carribean Roots, son dernier album. Un album d’une grande qualité technique, qui laisse place à d’énormes solo de saxophone, des rythmiques ensoleillées par les percussions  caribéennes et de longues phases parlées, sublimant la poésie de l’artiste, mais qui, on l’admet un peu honteusement, ne nous a pas transcendé sur scène. Peut-être qu’on aurait préféré commencer avec Anthony Joseph plutôt que de l’avoir après le live embrasé et électronique de Soom T & Tom Fire. Mais qu’importe, la faute à notre oreille, le public a adhéré.

Nous avons conclu notre soirée sur les vibes éclectique et métissées, de Trio Combo Brazil (David Walters des Caraïbes, Wallace Negao du Brésil et Pierre Sibille, de France, tous les trois font partie du collectif d’artistes indépendant Blues’Up), qui interprétait son dernier album du même nom. Avec son cavaquihno, petite guitare aux sonorités aigues et chaleureuses, Wallace nous propulse sous le soleil brésilien, particulièrement sur des morceaux comme Boa Noite (qui a servi sur le trailer de la Global Local #4) ou Beliesa. Il se fait de plus en plus tard, et le public semble rajeunir, absorbé par l’harmonie qui se dégage de ce trio, secoué par les rythmes tantôt africain, tantôt caribéens de David, envouté par le groove de Pierre, claviériste aux inspirations soul et jazz.

C’est donc sous la chaleur tropicale du Brésil que s’est inscrite notre fin de soirée. En un instant le groupe réchauffe la salle et la foule n’en finit plus de se déhancher sur des rythmiques et des percussions tout droit sorties des rues de Rio. On s’y croirait presque. La samba est au rendez vous pour les plus friands, pour un rendu incroyablement groovy.

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