LIVE REPORT LA ROUTE DU ROCK 2018

In Le Mag, Live Report by Youri bouratroff0 Comments

Pour cette 28 ème édition, la Route du Rock a su réjouir ses festivaliers en arborant une programmation hybride, mêlant légendes dont la réputation n’est plus à faire et jeunes groupes incarnant une idée fraîche du rock.  

Comme chaque année, le festival débute le jeudi soir à la Nouvelle Vague de St Malo : cette fois ci, c’était au tour du duo californien The KVB, de l’excentrique Ezra Furman  et du crooner Marlon Williams d’ouvrir le bal.  Si cette soirée a permis d’ouvrir l’appétit à son public, c’est bien le vendredi que le festival a réellement pris forme au Fort St Père, avec une  première journée à 90% psychédélique qui sentait bon les fleurs et le joint.

Vendredi

Premier jour du week end, et déjà des concerts plus que prometteurs sont à l’affiche de ce vendredi. Quoi de mieux qu’une journée faite – presque – que de groupes psyché pour débuter un festival ? Pour moi, cette journée a été la meilleure ( avec le dimanche ouaisss)  du fait de sa programmation et de l’euphorie générale dont j’ai été témoin ( Surtout devant BJM mon dieu !!! MAIS PEUT ETRE BIEN PARCE QUE C’EST UN DE MES GROUPES PREFS DU MONDE ???

Le vendredi a donc commencé par le concert des Liminanas, duo psychédélique venu tout droit de Perpignan, dont la carrière débute en 2009. Repéré très rapidement par un label indé de Chicago, le succès du groupe s’opère d’abord outre Atlantique. Petit coup de pouce, la série Gossip Girl utilise l’un des titres du groupe, Down Underground, dans l’un des épisodes. Bref, l’ascension est fulgurante. Depuis, le groupe arpente les festivals rock et les villes du monde entier. Leur cinquième et dernier album Shadow People, sorti cette année et produit par Anton Newcombe, le leader des Brian Jonestown Massacre, a été salué par la critique :  d’ailleurs, le groupe est également le petit chouchou de Peter Hook, le fameux bassiste de Joy Division, qui s’est  invité sur l’un des titres de l’album, The Gift.   Le style yéyé psyché Français semble donc plaire, mais personnellement, je ne suis pas emballée. Le style fourre-tout du groupe, sans originalité à mon goût, ne me fait pas vibrer et la prestation sur scène non plus. L’influence d’Anton, qui est même venu sur scène chanter avec eux le «  Istanbul is Sleep  » qu’il interprète sur leur dernier album, n’aura donc pas suffi à me transporter lors du live. Snif. Cette déception m’a permis de mieux rebondir sur le live suivant, celui de Grizzly Bear, groupe que je connaissais assez peu mais dont j’ai apprécié la prestation. Malgré quelques légers problèmes de son, le groupe, qui était déjà passé à la route du rock en 2009,  a réussi à s’en tirer haut la main. Le chanteur Edward Droste, vêtu de son plus beau sweat jaune moutarde, nous a envouté en interprétant une palette de sons issus de leurs différents albums, dont Two Weeks ( paru sur Veckatimest en 2009 ) , Mourning Sound ( sorti sur le dernier album, Painted Ruins, 2017  ) ou encore l’envoûtant Yet Again ( Shields, 2012 ). Un joli concert de pop acidulée et mélancolique dont je suis sortie conquise.

C’est après cette jolie surprise que le set de Shame débute sur la scène des remparts. Le groupe de punk Anglais, qui fait sensation depuis ses débuts en 2016 malgré la présence d’un seul et unique album ( signé sur Dead Oceans, label indé dont font partie  Kevin Morby, Slowdive ou encore Khruangbin  ) et de quelques EPS nous a livré un live plein d’énergie, vacillant entre punk frénétique et post punk hypnotique. Les rythmes endiablés du dernier album s’enchaînent ( Concrete, Tasteless ) et font place à un pogo géant, histoire de réchauffer l’ambiance avant le concert d’Etienne Daho.

Etienne Dahooooo parlons-en. Pour ses fans les plus fervents, le Rennais roi de la Pop Française représentait bel et bien la tête d’affiche de ce vendredi soir. Sous les acclamations d’un public conquis d’avance et dans une atmosphère brumeuse, le dandy Breton a su jongler entre hits intemporels ( Week end à Rome, Bleu comme toi ) et nouveautés, comme Les filles du canyon, titre présent sur son dernier album Blitz, sorti l’année dernière. Entre atmosphère rock et ambiance psychédélique, le set en a envoûté plus d’un.  Plus de trente ans après ses débuts, Etienne Daho a toujours plaisir à revenir sur le territoire Breton, là où tout a commencé pour lui ( L’artiste a débuté en 79 aux Transmusicales de Rennes).  Le show intense se terminera sur ces paroles, riches en émotion : «  Si vous saviez comme c’est bon d’être là … »

La soirée se poursuit ensuite avec le groupe de rock psychédélique Américain The Black Angels, Et c’est en fait à partir de là que la soirée a vraiment commencé pour moi ! Même si j’avais déjà vu le groupe l’année dernière au festival Levitation d’Angers ( une réplique du festival Levitation à Austin, dont le groupe est le fondateur ), j’avais hâte de les revoir en  terres Malouines.

Déjà venus en 2010, les Anges noirs ont su faire le boulot et (re)conquérir le public grâce à leurs guitares distordues, à leur batterie fracassante et à leur ambiance bien psyché comme on les aime. Influencé par des groupes tels que 13Th Floor Elevators, les Velvet Underground ou encore Suicide, le groupe se démarque par la diversité de ses compositions et par son style. Les Texans ont su osciller entre leurs 6 albums bien fournis pour nous offrir un aperçu de leur univers musical débordant d’harmonies psychédéliques ! Écouter le cultissime Young Men Dead et le vivre en live est quelque chose de génial !

Mon regard s’est surtout porté sur la nana à la batterie que je trouve juste trop badass, elle et sa masse de cheveux roux qui s’agite à chaque coup de  baguette.

Bon concert, donc. ET SURTOUT UNE BONNE INTRODUCTION POUR LE MEILLEUR CONCERT DU WEEK END, J’ANNONCE …………   THE BRIAN JONESTOWN MASSACREEEEEEE !

Anton Newcombe et toute sa petite troupe nous a livré un vrai moment de bonheur, avec une setlist parfaite ( ou presque, j’aurais tellement aimé qu’ils jouent Wisdom ou Fingertips snif ) et un très beau rendu au niveau instrumental.

Le groupe Américain, originaire de San Francisco et fondé dans les années 90 par le très charismatique Anton Newcombe,  est devenu la référence rock garage/psyché de ces dernières années. BJM, qui se nourrit de groupes tels que My Bloody Valentine, les Velvet Underground ou encore The Jesus and Mary Chain, se caractérise par un mélange de rock psychédélique/shoegaze/rock experimental.  Hyperactifs, BJM n’ont ni plus ni moins qu’une vingtaine d’albums studio à leur actif, dont le dernier est sorti en mai. Ce qui est fou avec ce groupe, c’est que même en pondant un album par an en moyenne, il arrive toujours à nous sortir des sons de qualité et à nous surprendre. Bien sûr, on n’arrivera jamais au même niveau que Methodrone, Strung Out in Heaven ou encore Revelation, qui sont mes 3 albums préférés du groupe , mais on trouve tout de même de sacrés hits sur leurs derniers albums ( Hold that Thought, Resist Much Obey Little, Don’t Get Lost ).

Bref j’ai adoré ce concert et j’ai été ravie de voir mon tambouriniste préféré alias JOEL GION, personnage complètement décalé  et farfelu que j’ai découvert dans le documentaire DIG, consacré à la rivalité naissante entre deux mastodontes du rock psyché : nos Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols. Même si le groupe s’est fortement assagit depuis cette période et que les violentes bagarres ou autres débordements à base d’alcool et de drogues ne sont plus d’actualité, nos rois du rock indé américain conservent leur énergie et leur charme sur scène et leur performance est parfaite de A à Z. Un pur délice que je n’oublierai jamais.

Pour vous dire, on a même eu le droit à la version Française de Pish et d’Anémone grâce à la voix féminine qui a accompagné le groupe pendant tout le concert. Quel plaisir d’entendre ces hymnes psyché et de voir le public prend son pied !  J’ai vraiment eu l’impression que tout le monde s’est laissé emporter dans ces nuages de fuzz et de solos de guitares et ça fait vraiment plaisir. Pour moi, ce concert représente un MUST de cette édition.

Pour les petits curieux qui ne connaissent pas encore cette pépite musicale, le concert est dispo en intégralité juste ici :

Après avoir vécu ce moment inoubliable, je me disais que ce serait dommage de terminer cette fin de soirée bien psyché sans avoir vu le trio originaire de Santiago Follakzoid. Le groupe mystique, qui a signé sur le très exigeant label Sacred Bones ( Soft Moon, Psychic Ills…), n’a pas malheureusement pas su me convaincre à travers leur concert que je considère comme monotone. La performance, qui a duré une heure, ne s’est soldée que par d’interminables morceaux sans grands intérêts. La partie électronique, on ne peut plus répétitive, a constitué le fil conducteur du set, dont on ne saurait distinguer les transitions, tant les variations demeuraient minimes. Une petite déception pour un groupe de qualité qui aurait pu nous prouver qu’un concert peut très bien se montrer envoutant ET dynamique.

Et c’est comme cela, binouze dans une main et clope dans l’autre, le sourire encore béat dû au concert de mes BJM adorés, que le premier jour de cette édition s’est terminé.

SAMEDI

On attaque la deuxième journée  avec le soleil et Cut Worms, qui ouvre le bal sur la scène des remparts avec sa folk très sixties.  Max Clarke, leader du groupe à la démarche country, se livre à nous avec un romantisme et une poésie touchante ( rien que le nom du groupe, qui est tiré d’un poème de William Blake ), perceptibles dans ses balades teintées de nostalgie et de mélodies épurées. Les kinks ou Buddy Holly, deux des influences majeures du dandy américain, sont immédiatement identifiables sur le dernier album Hollow Ground, sorti il y a quelques mois et produit avec l’aide de Jonathan Rado, du groupe Foxygen. Une jolie prestation donc, un brin timide et très délicate, qui s’accordait parfaitement avec la chaleur et l’optimisme de ce samedi après-midi ! Pour ceux qui l’ont loupé, Cut Worms repassera en France le 1 septembre à l’occasion du Paris Psychedelic Music Festival, qui fêtera à cette occasion son 5 ème anniversaire.

Bon, le prochain artiste à avoir jouer était Jonathan Bree mais malheureusement pour vous et moi, je n’ai pas pu assister à ce concert, trop occupée à flâner à l’espace merch’ et à la librairie, dont les livres faisaient beaucoup trop envie ( Oui j’ai hésité entre un livre de Nirvana et Jimi Hendrix, mais finalement c’est celui sur Lou Reed qui a eu raison de mon portefeuille  hihi) . Puis ensuite fallait bien s’acheter un petit hot dog histoire de tenir la route et d’avoir l’estomac bien accroché avant de voir Patti Smith, The tête d’affiche de la soirée sinon du festival. Car Patti Smith c’est un peu la nana la plus douée de la terre en fait. Jonglant entre plusieurs disciplines artistiques, la grande dame n’a été QUE : chanteuse, poétesse, écrivaine, peintre et photographe. Rien que ça, oui. Grâce à cette pluridisciplinarité, l’artiste sait manier, mélanger, et mettre en osmose  le rock avec la littérature. En 75, notre chère Patti sort son plus célèbre album, Horses, produit par John Cale des Velvet. 3 albums plus tard, elle met sa carrière musicale entre parenthèse afin de s’occuper de ses enfants, qu’elle a eu à la suite de sa rencontre avec Frederick Smith, le guitariste du groupe MC5. Malheureusement, cette vie paisible et joyeuse prend fin en 94, lorsque décèdent, dans la même année, son mari, son frère, et son pianiste. C’est ainsi que deux ans plus tard, sa carrière redécolle grâce à la sortie de Gone again et Peace and Noise. Bref, notre Patti est là, sur scène, à 70 ans passés et nous offre ce qu’elle a de plus beau pendant une heure. Certains ont pu trouver le concert un peu plat, chargé d’hommages à ceux qu’elle a aimé, à travers le I Can’t Help Falling in love with you d’Elvis ou encore le People Have the Power, titre très engagé qui lui tenait à cœur en ces temps politiquement troubles. Certes le concert était très calme, mais notre Patti était en forme, mystique, touchante et pleine de délicatesse, comme à son habitude. Petite leçon du jour : pas besoin de faire le zouave pour réussir un concert.

Le samedi soir se poursuit ensuite avec Nils Frahm, le multi instrumentaliste Berlinois aux multiples facettes. Impossible de passer à côté du show : le mec a ramené son piano et tous ses synthés + une machine avec 3 millions de boutons multicolores ( Je vais me faire taper sur les doigts par les zikos ). De loin, on aurait dit un professeur maboule en train de créer des trucs zarbi dans son labo’, avec la petite fumée qui s’échappe des tubes à essai là, tu vois un peu ?

Moi qui ne connaissais pas du tout ce mec, sauf à travers Kiasmos, j’y suis allée les mains dans les poches en me disant ouais, pourquoi pas.  Entrainée par des potes qui ne cessaient de me dire que c’était LE concert de la journée, que ça allait être incroyable, bah voilà … EVIDEMMENT, j’ai été plus que déçue. On m’avait présenté le truc comme étant très lent, hypnotisant et mélancolique, alors évidemment dit comme ça, ça donnait trop trop trop envie. Mais en fait, c’était vraiment pas du tout pas du tout pas du tout chouette. Le mec est bon, archi doué et ça se voit, il manie ses claviers comme personne. Mais les boucles atmosphériques crées par ses pianos, synthés et pédales d’effets ne m’ont pas emportées dans l’espace comme j’avais aimé l’imaginer L Car la formation electronica de Nils se veut hybride, et j’ai trouvé que les meilleurs moments étaient ceux durant lesquels la partie électro minimaliste prenait le dessus. Hélas, ces élans étaient bien trop éphémères pour en apprécier la densité : résultat : ultra décevant pour moi, un des concerts que je mets aux oubliettes et qui m’a plus assouplie qu’autre chose. Néanmoins, je comprends que le concert ait pu en ravir plus d’un, il faut avouer que le set était rempli de grâce. Peut être n’étais je tout simplement pas d’humeur ou dans l’état psycho adéquat pour me laisser bercer par tout ça ? Qui sait, pt’etre bien qu’oui, pt’etre bien qu’non.

La soirée se termine en beauté pour tous les férus de techno/house, puisque ce sont Ellen Allien et Veronica Vasicka qui clôturent cette après midi un brin décevante. Après le concert de Nils Frahms, ces deux sets apparaissent comme des bouffées d’oxygène et d’énergie. Un peu déçue de la musique de Veronica Vasicka, moi qui pensais profiter d’un peu de post punk ( la reloue jamais contente ) , mais bon, bouger ses fesses un samedi soir avec des copains ça fait toujours plaisir !

Dimanche

 

Le dimanche, on se réveille tous un peu la tête dans le cul. Sans savoir la belle journée musicale qui nous y attend et après avoir passé la journée à St malo à la plage à se faire bouffer notre kouign aman par ces salopes de goeland ; j’arrive sur le Fort St Père juste à temps pour le premier concert de la soirée, celui de Protomartyr. ( Moi qui avais envie de post punk, me voilà servie ). Le quatuor originaire de Detroit, au post punk aussi sombre que ton café matinal, nous a joué sa musique intense, tragique et poignante, puisée chez les pionniers du genre, à savoir Joy Division ou The fall, pour ne citer qu’eux. La situation de leur ville d’origine, officiellement déclarée en faillite économique, n’a pu qu’accroitre l’aspect bien dark de leur rock révolté mais aussi la noirceur et l’engagement de leur textes, souvent à visée politique . Le concert, nerveux et prenant, orchestré par un Joe Casey  charismatique et visiblement en sueur ( faut bien évacuer toutes les bières qu’il s’est enfilé durant le concert merde ) a été une véritable réussite et m’a prise aux tripes.

Autre temps fort de ce dernier jour de festoche : le concert de la belle, talentueuse, stylée Charlotte Gainsbourg. Notre Charlotte nationale, entièrement de jean vêtue  et portant des bottines en cuir à talon, nous a sans aucun doute livré le concert le plus intime, le plus délicat et le plus touchant de cette 28 ème édition. Installée sur une scène meublée d’ imposants cubes de néons, l’artiste timide à la voix susurrante nous a joué ses dernières compositions, présentes sur son sublime album « Rest ». D’ailleurs, celui ci est destiné à sa sœur Kate Barry –  disparue en 2013 dans d’étranges circonstances – dont elle était très proche. Très proche de son public, la fille de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin partage quelques souvenirs de jeunesse et en profite pour dédicacer des chansons à son génie de papa, des chansons qu’elle chantait avec lui, en souvenir de moments passés ensemble. Un moment de grâce inégalé, plein de tendresse et d’amour. Envoutant, énergique quand il le faut ( avec Deadly Valentine, ou le très sexy Sylvia Says ) , on sent derrière sa musique une âme fragile et nostalgique dont on ne peut sortir que fasciné. Merci Charlotte !

 A ce stade de la soirée, je peux dire que je suis suuuuper contente de cette journée. Pour l’instant, c’est un sans faute. Malheureusement, en allant chercher mes frites, j’ai suivi de loin le concert de Superorganism, mais que de loin, tellement ça avait l’air mauvais. Et j’avais faim, très faim. Dans ces cas là, Bouffe > Superorganism, voala.

Une fois le concert de ces zouaves excentriques terminé, direction la scène du Fort pour la tête d’affiche de la soirée et plus gros budget du festival : les Versaillais PHOENIX.

Le show du groupe, qui nous en a mis plein les zieux grâce aux fonds d’écrans Windows XP qui défilaient derrière eux pendant tout le concert, était en parfaite adéquation avec leur pop acidulée et entrainante. Délaissant leur dernier album Ti Amo avec seulement 3 titres interprétés, nos Frenchie nous ont rappelé nos années lycée avec une déferlante de tubes :  If I ever feel better, Lisztomania ou encore 1901. Alala, le bon vieux temps quoi. Thomas Mars, avec sa coupe d’ado aux cheveux gras, n’a pas tardé à sauter dans le public, à se faire même PORTER en mode Jésus qui marche sur l’eau ( Aaaaaannn j’ai touché la chaussette de Thomas Maaaars wahouuuu je me laverai plus jamais le doigt ) et c’était juste fantastique. L’énergie était vraiment contagieuse et il suffisait de tourner la tête pour constater que tout le monde prenait son pied. ( sans jeu de mot avec la phrase précédente )

L’ambiance était à son comble et le public s’est improvisé maître en karaoké durant tout le concert ! Sans aucune bavure, le groupe a fait son taff comme il le faut et a réchauffé les cœurs en reprenant le beau et poétique «  Playground Love  »,  titre emblématique du film Virgin Suicides. C’était mon petit moment fort à moi, et c’est d’ailleurs sur le tournage du film que Thomas Mars a rencontré sa future femme, Sophia Copola. Trop mimi.

Après cette explosion d’euphorie, je décide de me prendre une petite bière au stand ( chanter du phoenix une heure, ça assèche considérablement la gorge  ) pendant le concert des Lemon Twigs. Sans grand intérêt, j’écoute d’une oreille le show des frères d’Addario- il faut dire que je n’ai jamais raffolé de ce groupe. Et bêtement, je me dis que de toute manière, le concert ne me plaira pas. SAUF QUE le glam rock du groupe a un effet assez entrainant sur scène et que contrairement à mes attentes, c’est génial ! L’excentricité de Brian et Michael ne passe pas inaperçu : leur tenue androgyne déjà ( ensemble rose fushia pour l’un, t shirt noué au dessus du nombril et jean taille haute déchiré sous la fesse gauche pour l’autre ) mais aussi l’attitude sur scène, qui nous rappelle étrangement Mick Jagger, Iggy Pop, Jim Morrison, ou Ian Curtis ( tout ça mélangé, ça peut paraître chelou… ).Musicalement parlant, pour ceux qui ne connaissent pas encore,  les lemon twigs c’est  un mélange entre les Beatles et Queen. Mais en live, tout cela prend une autre dimension  avec des moments très rock ( solos de guigui et tout comme on aime) que j’apprécie tout particulièrement( surtout le solo sur «  The Fire  », MAGIQUE ! ) J’ai remarqué que je n’avais pas été la seule à être agréablement surprise par ce concert. En écrivant cet article, je fais quelques recherches sur le groupe et me rends compte que les 2 frérots sont nés en 97 et 99 … oh le coup d’vieux !

«  Go to school » , leur dernier album sorti la semaine dernière sur le fameux label 4AD, est déjà adulé par les critiques et annonce de beaux jours pour la carrière des new yorkais ainsi que pour le revival glam rock. Pour les petits curieux, voilà un live du groupe chez nos voisins Hollandais :

Dans un genre plus grand public a débuté le concert de Jungle. Dans une atmosphère tamisée, nous avons eu droit aux plus grands tubes du groupe : «  Busy Earnin », «  The heat », ou encore «  Lemonade Lake ». Avec 2 choristes de chaque côté et 5 musiciens, le groupe réussit le pari de  faire danser toute la route du rock, nous offrant un dernier concert dans la joie et la bonne humeur. Un peu déçue de leur prestation, je les avais vu en 2015 à Rock en seine et le concert était encore plus groovy mais c’est pas bien grave. La soirée se termine sur une jolie note et dans la bonne humeur et c’est le plus important !

Pour moi, l’édition s’est terminée avec la plus grande chenille du Cosmos, dans une atmosphère bon enfant ou l’alcool et les rires n’ont pas hésité à s’entremêler.  Pour les autres, c’est Black Madonna qui s’est chargée de la clôture avec un set électro.

Alors voilà, j’espère que ce petit live report de la route du rock vous aura plu ! Mon TOP 5 des concerts de ce week end :

  1. THE BRIAN JONESTOWN MASSACRE
  2. PHOENIX
  3. CHARLOTTE GAINSBOURG
  4. THE LEMON TWIGS
  5. THE BLACK ANGELS

Aller hop,  on se dit à l’année prochaine, et encore merci aux organisateurs et aux bénévoles pour nous avoir organisé un si bon cru de la Route du Rock <3

Anna Furjot

 

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