Live Report – Tournée des Inouïs de Bourges

In Le Mag, Live Report by Brendan Roué0 Comments

On attendait avec impatience ce patchwork talentueux et coloré que propose le Printemps de Bourges dans plusieurs grandes villes de France : voici donc ce que nous avons retenu de la Tournée des Inouïs lors de son passage à Marseille à l’Espace Julien.

 

Mark Berube

C’est entre deux balances avant le concert que Mark Berube nous a accordé quelques minutes pour un entretien téléphonique. Ensemble nous sommes revenus sur dix années de carrière, sur ses influences à la fois éclectiques et très personnelles. Un mélange audacieux de folk psychédélique et de jazz qu’il tient de son enfance. L’occasion aussi de revenir sur sa vision de la musique et sur ce que doit être un groupe selon lui : un partage d’influences, une ouverture d’esprit qui permet à chaque musicien d’exprimer tout son potentiel. Un artiste qui a aussi le sens du détail comme le souligne ses clips vidéos à l’esthétique soignée. Une première à l’Espace Julien, une belle tournée en Europe, le québécois n’a pas fini de séduire.

L’interview intégrale de Mark Berube est à retrouver dans le podcast de l’émission Rock Pulse du Vendredi 26 /09/14

 

Billie Brelok

Lorsque l’on connaît la segmentation du public rap à Marseille et l’intérêt mitigé parfois visible lors de certains concerts dans la cité phocéenne, on se demandait comment allaient être accueillis les deux représentants du genre vendredi soir. Heureusement, Billie Brelok a su captiver un public qui ne s’était pourtant pas massé en nombre à l’événement mais qui a su compenser par sa ferveur et son entrain : en plus de la technicité et de la singularité du flow de la parisienne dont nous avions fait l’éloge la semaine dernière, la prestance scénique fut plutôt bonne. La franco-péruvienne, encadrée de ses deux musiciens et secondée de son DJ a su établir une véritable communication avec le public et affirmer son style quelque peu extravagant.

Le jury ne s’est pas trompé, le travail est de qualité et la jeune femme gagnerait par conséquent à être connue.

Thylacine

C’est le coup de cœur de Dynam’hit webradio parmi les trois sélectionnés. Après une interview fort sympathique en fin d’après-midi, c’est aux environs de 22h que l’angevin a fait son entrée sur la scène de l’Espace Julien. Humble et talentueux, c’est sans la voix mélodieuse de son acolyte Camille Després et durant une quarantaine de minutes que le jeune homme a livré un set de très grande qualité.

À l’aide de basses légèrement renforcées qui n’ont en rien usurpé la richesse des morceaux, Intuitive, son premier EP a été passé en revue en douceur. Quelques morceaux de  Blend, EP sorti cet été ont également été à l’honneur. Les jeux de lumière immaculée diffusés derrière les platines à l’aide d’un écran rajoutaient une torpeur très agréable dans laquelle on aurait aimé être plongés plus longtemps. Particularité à noter : la mpc portée autour du coup par William Rezé de son nom sur laquelle il tambourinait périodiquement et qui rajoutait une originalité à son passage. Une très bonne prestation donc qui a eu le mérite de séduire par la qualité du son.

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Set & Match

Les héraultais avaient moins à prouver que les artistes précédents, de par leur qualité de parrain de leur événement mais également parce qu’ils n’en étaient pas à leur premier essai dans la cité phocéenne. On se souvient notamment de notre rencontre avec eux en février dernier. Leur projet Tudo Bem sorti l’année dernière digéré, on avait hâte de les revoir après une longue série de dates. La recette est efficace : des basses profondes, une énergie débordantes sur scène au point que les trois collègues paraissent montés sur ressort et un enthousiasme qui transparait clairement dans leur flow. Les enchaînement sont plutôt bons avec une tracklist transversale à leurs différents projets, des classiques et le fameux MTP Bop a Lula en point d’orgue, l’occasion de faire sauter de part et d’autres de la salle un public déjà surexcité.

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En résumé, c’est un panel séduisant qui s’est présenté à nous ce vendredi 3 octobre, l’intérêt étant que les artistes ont successivement réussi à imposer leur univers en évitant une impression globale de décousu et de plaqué. Un cru 2014 prometteur donc, qu’on espère retrouver bientôt lors des grands regroupements que nous affectionnons tant. On peut se quitter sur des remerciements au Printemps de Bourges et à la tournée des Inouïs grâce à qui la relève est assurée et qui n’a cesse d’alimenter les festivals avec de nouvelles trouvailles !

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