Migos, un trio de rappeurs qui a su innover avec le « triplet flow », leur permettant d’accéder aux sphères du succès plus que rapidement ! Retour en écoute.

Avant toutes choses, que celui qui n’a jamais entendu ceci me jette la première pierre :

« Versace, Versace, Versace, Versace, Versace »

Bien pour ceux qui m’aurait éventuellement jeté une pierre, vous êtes maintenant familier avec les Migos, ce trio de rappeur tout droit venu des bas-fonds d’Atlanta est composé de Quavo, Takeoff et Offset. Pour la petite histoire, Quavo est l’oncle de Takeoff et Offset le cousin de Quavo.

Vous suivez ? C’est notamment grâce à Versace que les Migos se sont fait connaître mondialement en 2013, initialement venu avec l’intention de recouvrir le monde avec la marque italienne, les Migos ont percés grâce à un flow qui n’existait nulle part ailleurs à l’époque, une cadence obsessionnelle, un martèlement du beat : le « Triplet Flow ».

A seulement 25 ans, ils sont d’ores et déjà rentrés dans l’histoire du Rap U.S et ne manque pas de le rappeler à tout le monde par l’intermédiaire du magazine Fader à la sortie de leur nouvel album Culture « Nous avons fait beaucoup pour la musique. Migos est la culture. Sérieusement. Il y a des artistes beaucoup plus gros que nous qui ont du succès grâce a notre flow. »

Rien que ça, mais il y a quand même un part de vérité dans ces déclarations : Aujourd’hui, tout le monde rappe comme Migos.

Avec le succès de « Versace » on commençait donc à parler de « Versace Flow » ou de « Migos Flow ». Le phénomène prend tellement d’ampleur que l’année suivante, Quavo le MC le plus talentueux du groupe a été nommer « rappeur le plus influent de 2014 » par le référencé magazine Complex. Ce qui suscite l’intérêt sur cette nouvelle manière de rapper.

D’un point de vue rythmique, la différence est facilement observable. Une mesure musicale se découpe en 4 temps. Généralement les rappeurs depuis que cet art existe vont poser soit 1, 2 ou 4 syllabes sur chaque temps. On parle de flow binaire. Migos quant à eux ont l’habitude de poser 3 syllabes sur chaque temps, on appelle ça le « Triplet Flow » caractérisé par un rythme ternaire dans cette configuration ce qui crée une impression de roulement, de faux décalage du beat.

En guise de démonstration, le magazine Complex a réalisé une vidéo qui compile tous les techniciens du genre.

Depuis le triomphe de « Versace » en 2014, le phénomène n’a cessé de grandir. Au point de devenir synonyme d’un morceau qui cartonne. Logiquement, les plus grosses stars du rap s’y sont mises et on ne compte plus le nombre de morceaux de Future, 2 Chainz, Drake, Kanye West ou ASAP Rocky surfant sur cette tendance. En France, des rappeurs ont même réussi à lancer leur carrière et à décrocher d’impressionnant succès grâce à des flows basés presque uniquement sur des rythmes ternaires. Exemples parmi les plus remarquables :  Niska et son « PSG (freestyle) » ou Gradur qui est allé jusqu’à inviter Migos sur un de ses morceaux. En parallèle, les poids lourds comme Booba, Kaaris ou Lacrim ont eux aussi pris l’habitude de rapper en triplet flow sur fond de productions massivement influencées par la Trapp d’Atlanta.

C’est sans difficulté que l’un de leur dernier Hit présent notamment sur Culture : Bad and Boujee en featuring avec le talentueux Lil Uzi Vert culmine en quelques mois aux environs des 160 millions de vues sur internet.

On y retrouve également le titre sorti il y a quelques semaines T-Shirt, titre qui a fait parler la poudre avec un clip d’une qualité exceptionnelle et une mise en scène recherchée : les 3 MC traînant leur swag très luxueux dans la neige..

Culture :

Pour les plus curieux, voici un documentaire en plusieurs volets réalisé par Noisey sur la Trap à Atlanta. On y retrouve notamment dans l’épisode 2 nos amis de Migos chez eux, dans leur maison à Atlanta… Je ne vous en dis pas plus.