POND – Man, It Feels Like Space Again

In Chroniques d'Albums, Le Mag by Clément Le Moine0 Comments

C’est en ce maussade début d’année que Nick Albrook et sa bande ont choisi de nous abreuver de leur sixième et dernier album Man, It Feels Like Space Again sur Caroline Records. Pond c’était un peu l’ersatz irrévérencieux de Tame Impala qui existait en jouant la musique comme elle venait, sans calculs ni compromis. Peu de choses ont changé, peu de choses à part le fait que la place de Pond se précise : Pond complète l’œuvre de Kevin Parker (Tame Impala) en devenant son pendant mystique et cynique. 

Pond ne fait plus vraiment dans le lo-fi. Beard, Wives, Denim, sorti en 2012, ne proposait rien moins qu’un retour au sources du garage sauce psychédélique. Il était suivi en 2013 par Hobo Rocket, album tournant pour le groupe, qui alliait psyché et power-pop. On pouvait alors leur reprocher leur côté posturiste presque parodique avec des morceaux comme Xanman, des boucles psychédéliques à n’en plus finir, des riffs sentis mais démesurés, bref on était en droit d’attendre mieux. Avec ce dernier opus la maîtrise est là et c’est tant mieux parce qu’elle ne porte pas préjudice à la spontanéité qui caractérise ce son depuis le début. Les synthés sont plus heavy (Sitting Up On Our Crane) et les guitares, comme les voix, plus retenues ce qui confère à l’album son équilibre. Le mix Fuzz/Phase cher aux guitaristes de la bande de Perth (y compris Kevin Parker) marche toujours sur cet album et donne à des titres dansants comme Zond leur légitimité.

Les délires de Nick Albrook ne s’arrêtent pas au songwriting, ça donne des titres aux synthés élaborés comme Heroic Shart ou Waiting Around For Grace qui ouvre l’album. Que dire de Medicine Hat, ballade magnifiquement amenée qui rompt avec la pseudo-parodie des albums précédents. Man, It Feels Like Space Again clôture l’album par huit minutes de pur plaisir, on retrouve alors leur capacité à enchaîner trois morceaux dans un et à le transformer en voyage à la manière de MGMT pour Siberian Breaks.

Mis à part cet artwork haïssable bien que cohérent, tout est mieux sur cet album, mention spéciale aux batteries de Jay Watson qui a su tourner le dos à la belle anarchie des albums précédents pour revenir à des parties lo-fi bien senties.

Comme Ariel Pink ou les Flaming Lips, Pond contribue à ce que la douce folie des rêves prenne forme musicale, ils le font de mieux en mieux, ce qui n’est pas pour calmer notre irrépressible envie de les voir jouer en live. Ils seront le 1er Mars prochain à la Maroquinerie. Décidément cette scène australienne emmenée par Tame Impala et Pond n’a pas fini de nous surprendre, en témoigne la multitude de projets solo (GUM, Shiny Joe Ryan …) concrétisés récemment via Spinning Top Music.

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