Quicksilver Messenger Service, le diamant des 60s

In Chroniques d'Albums, Pép'hits by Léopold S.0 Comments

L’avantage de cette magnifique rubrique pép’hits c’est qu’on peut se renouveler avec de l’ancien, faire de la nouveauté avec du vieux – coutume assumée depuis fort longtemps pour ma part. Elle est aujourd’hui consacrée au groupe mythique Quicksilver Messenger Service. Mythique car ce fût l’un des groupes à l’origine de la naissance du rock psychédélique entre les années 1965 et 1975 avec Jefferson Airplane, Love et Cream (pour ne citer qu’eux). Le groupe fait figure de pionnier dans ce genre qui doit son appellation à la consommation non négligeable de substances illicites de la part des artistes de l’époque. Malheureusement le groupe n’aura connu que des fulgurances aussi intenses qu’éphémères, et aura en cela laissé la place au soleil à ses pairs.

quicksilver messenger service

Retour sur leur album éponyme Quicksilver Messenger Service sorti en 1968 qui compte peut-être parmi les meilleurs albums de la décennie 1965-1975.

L’album est composé entre 1966 et 1968, mais sans son leader caractériel Dino Valente emprisonné pour détention de marijuana peu après la fondation du groupe. Ainsi ses compères Jim Murray et John Cipollina recrutent trois déglingos aussi camés qu’eux : le chevelu David Freiberg, le futur batteur des Jefferson Airplane, Greg Elmore et celui qui deviendra finalement l’âme du groupe Gary Duncan.

Dans leur chalet de San Francisco, le « service du messager métallique vif-argent » (traduction littérale de Quicksilver Messenger Service) concocte un chef d’œuvre aussi coloré et acidulé que leurs stupéfiants de l’époque. Des solos de guitares à dérouler la langue jusqu’à Ocean Beach (Who Do You Love), un piano enivrant comme un « yellow sunshine » (Flute Song) et des lignes de basse plaintives sorties d’« idiot pills » encore effervescentes (Light Your Windows).

Le talent des gamins insolents s’exprime au fil des titres, insolents mais innocents car encore incapables de saisir la portée qu’aura leur musique sur les générations à venir. Le rock psyché était né, presque malgré eux, influençant directement des groupes plus récents comme les MC5, Grand Funk Railroad, Brian Jonestown Massacre, Kula Shaker, Black Rebel Motorcycle Club et Tame Impala.

Mais les fantômes rencontrés lors de leurs trips acidulés les rattrapent et les dévorent auxquels s’ajoutent les batailles d’égos surdimensionnés. Enfin, le retour en disgrâce du fils prodigue caractériel Dino Valente minera le groupe jusqu’à sa fin officialisée en 2006 tout de même (dernière connexion en date sur leur Myspace). Mais peu importe, l’âme des californiens avait disparu il y a bien plus longtemps.

C’est peut-être ça aussi un groupe mythique, un de ceux qui ne s’inscrivent pas dans la durée, parce qu’un seul éclat argenté suffit à faire resplendir éternellement un diamant.

Comments

    1. lol j’ai bien aimé le « 2006, dernière connexion sur leur myspace » sinon bel article, bien rédigé !

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