Radiohead en 10 B-Sides

In Le Mag, Tops by Brian Clot0 Comments


Connaitre Ok Computer, Kid A et In Rainbows ne fait pas de vous un spécialiste de Radiohead ! Le quintet oxonien a réussi à construire sa crédibilité artistique avec des albums limpides et audacieux, cohérents et variés, mélodieux et rythmés. Des transitions entre morceaux, à l’ordre de ces derniers, rien n’a été laissé au hasard. Yorke est un maniaque qui n’a pas hésité à écarter des morceaux de qualité pour conserver l’unicité des albums. Les recoins de la discographie radiohedienne regorgent effectivement de trésors cachés. Des débuts vacillants de On a Friday, aux récentes touches electronica en passant par les bravades guitaristiques : retour sur dix merveilles méconnues.

  • I’m Coming UpOn A Friday Demos (1986)

Les On a Friday (premier nom du quintet) se cherchent un son, et ça s’entend. Sur l’m Coming Up la bande à Thom Yorke nous pond un improbable morceau funk aux mauvais accents Talking Heads. On est très loin des teintes mineures et mélancoliques qui feront la renommée du groupe. Un orgue criard, sans doute manié par le jeune Jonny Greenwood, et une rythmique pachydermique ponctuent cette farce musicale. Seul élément radioheadien à noter : la voix de fausset de Thom.

  • Punchdrunk Lovesick SingalongMy Iron Lung EP (1994)

Cet Ep amorce la fulgurante progression du groupe. Les bases sont posées et le talent mélodique de Thom commence à poindre. Le morceau alterne refrains lumineux et couplets mystérieux. Les guitares soignées et inventives, préfigurent l’exceptionnel The Bends. Les synthés retro et les motifs Gilmouriens distillés par la paire O’Brien/Greenwood évoquent enfin le rock psychédélique des années 70.

  • LullKarma Police Single (1996)

Composé par le trop discret Ed O’brien, l’arpège de guitare rappelle la simplicité mélodique de No Surprises. Cette ballade méconnue souligne le souci grandissant du groupe pour le détail et les variations rythmiques. La voix de Thom commence à gagner en maturité, en témoignent Climbing Up the Walls et Exit Music, véritables pierres angulaires de OK Computer.

  • Palo AltoAirbag/Hom Am I Driving (1998)

Cet excellent EP aurait pu constituer le disque 2 d’OK Computer. Plus qu’un recueil hétérogène de brouillons, Airbag/How Am I Driving rassemble bon nombres de trésors cachés. Le décor est planté par le groupe : Palo Alto, fief de la Silicon Valley, bastion de l’innovation mais aussi de relations humaines désincarnées et aseptisées par les technologies… Musicalement, Palo Alto est proche des standards indé de l’époque. Le contraste couplet étouffé contenu/refrain explosif rappelle la formule Pixies. Avec une grosse densité sonore en plus…

  • FogKnives Out (Single) (2001)

On bascule désormais dans la période Kid A/Amnesiac, celle des audacieuses expérimentations. Signatures rythmiques ambiguës (Pyramid Song), froideur IDM (Pulk/Pull Revolving Doors), envolées free jazz (The National Anthem) sont au programme. La production, étrangement lo fi, confère une sincère fragilité au morceau. Le mix des contrepoints aériens et des guitares saturées se rapproche d’une esthétique à la Mogwai.

  • The Amazing Sound of OrgyPyramid Song (Single) (2001)

Trop expérimentale pour figurer sur Amnesiac l’inquiétante The Amazing Sound of Orgy (un des rares morceaux qui montre que Radiohead sait aussi faire preuve d’humour) fait la part belle aux ondes Martenot. Cet étrange instrument aux sonorités envoûtantes devient récurrent à partir de Kid A. Les afficionados se remémoreront la vénéneuse transposition live du morceau au Austin City avec Thom à la basse.

  • I Am Citizen InsaneCom Lag (2004)

Difficile de trouver une solide B Side au cours de la période Hail To the Thief. Cette chanson instrumentale est une vraie perle au sein de cet inégal EP publié au Japon. L’electronica aérienne et limpide distillée par le groupe aurait pu figurer sur Amber d’Autechre.

  • Go SlowlyIn Rainbows Disc 2 (2007)

Particulièrement touchants et mélodieux, les morceaux de l’ère In Rainbows sont rapidement devenus des classiques du groupe. Proche du dépouillement de Nude, la mélancolique Go Slowly magnifie la merveilleuse voix de Thom. On notera l’habile recyclage de la grille d’accord de There There, single issu d’Hail to The Thief en 2003.

  • Down is the New UpIn Rainbows Disc 2 (2007)

Ce morceau énergique construit autour d’une belle progression d’accord souligne l’étendue du timbre vocal de Thom. L’instrumentation, grandiose et orientalisante, rappelle le travail effectué sur Pyramid Song. Down Is the New Up est l’exemple parfait d’un excellent morceau (injustement) écarté de l’album.

  • StaircaseThe Daily Mail/Staircase (2011)

Dernier coup de maître en date, Staircase est bien supérieur à certains morceaux de The King of Limbs. Le groove, hypnotique et lancinant, contraste avec la douceur des arpèges et la profondeur des nappes de synthés. Comme sur Lotus Flower et Separator, les paroles témoignent d’une sensualité et d’une tendresse nouvelle et bienvenue. De bon augure pour la suite des événements…

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