Rencontre avec Eric Gudimard, directeur du festival La Nuit de l’Instant

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Vendredi 18 avril, rencontre avec Eric Gudimard au QG de l’association Les Ateliers de l’Image, rue Henri Tasso à Marseille. Eric est directeur du festival La Nuit de l’Instant, ayant lieu dans le quartier du Panier à Marseille samedi 19 avril de midi à minuit.

Arrivé dans la matinée, dans le local les bénévoles sont attablés, se régalant de café et tartines beurre marmelade avant une grosse journée qui les attend. L’ambiance est décontractée, chacun semble heureux  de participer à cette aventure qu’ils vivent ici depuis quelques jours. Eric est debout, distribuant questions, recommandations et blagues à la volée. Il me reçoit chaleureusement dans son bureau en s’excusant de l’anarchie y ayant fait résidence.

Dynam’hit :

Bonjour, merci à vous de recevoir Dynam’hit aujourd’hui. Le festival commence demain et j’imagine que le temps est précieux à J-1 d’un événement comme La Nuit de l’Instant. Rentrons directement dans le vif du sujet. Comment définir le festival ?

Eric Gudimard :

La Nuit de l’Instant c’est plusieurs choses. C’est avant tout une manifestation qui pose le principe de montrer la photographie au XXIème siècle telle qu’elle a évolué. Qu’est ce qu’est devenu la photographie aujourd’hui ? Et ceci, en prenant en compte les évolutions techniques. Toute l’année avec Les Ateliers de l’Image  nous montons des expositions sur la photographie « classique » en tissant des liens avec les autres arts mais là nous avions envie de  mettre en avant les nouveaux médias utilisés  par les artistes photographes et même les anciens médias qui sont ré-investis, comme le diaporama, le son, etc… Ceci afin d’aborder la problématique de l’image fixe aujourd’hui dans différentes pratiques. Ce sont des questions qui sont au cœur des pratiques des jeunes artistes émergents aujourd’hui. Et même des photographes confirmés qui se tournent vers la vidéo pour montrer la photographie.

C’est l’idée de base, faire un festival de photographie sans photographie (rires) et avec cette question des nouveaux médias et du numérique.

Ensuite c’est également un projet de territoire et de quartier car sans les gens autour de nous, ça ne se ferait pas. Sans le Théatre de Lenche, le centre social, Baussenque, la Maison Pour Tous, la Citerne qui mettent tous des lieux à disposition pour nous. On dispose de 15/20 lieux par édition suivant la disponibilité de chacun. Il y a beaucoup de bénévolat et d’engagement pour créer une journée joyeuse, festive et un peu originale.

Dh : Depuis combien de temps le festival existe-t-il ?

EM : C’est la cinquième édition cette année, et il y a trois particularités par rapport aux éditions précédentes. La première,  le public pourra participer au vote pour la remise du  prix de La Nuit de l’Instant. Et il sera cette année, accompagné d’une dotation de 1500 euros. Ensuite, il y a cette année, plus de proposition orienté sur la projection et les performances, il va y avoir six performances live  interprétées durant la journée. Et enfin, le dernier focus de cette année, c’est l’exposition, Conversation Mouvement, à la Traverse, et qui est composé de six œuvres du FRAC (Fond Régional d’Art Contemporain). Ces œuvres questionnent également le rapport entre l’image fixe et le cinéma ou la vidéo mais aussi, comment la photographie intervient dans ces processus de démonstration artistique ?

 Dh : Cette année c’est donc la cinquième édition, combien d’artistes participent ?

EM : Vingt neuf artistes participent cette année et sur quinze lieux différents.

Dh : Et comment se fait la sélection ?

La sélection est faite à partir d’un appel à participation. Et ensuite nous choisissions les artistes en fonction de plusieurs critères.

Dh : Comment la répartition se fait entre les lieux et les artistes ?

EM : Ça dépend des lieux, des artistes, des fois nous avons de grand lieu avec un seul artiste, des lieux très petits avec également un seul artiste mais aussi d’autres lieux ou plusieurs artistes sont présents. Certains avec trois, quatre voir même six artistes. Cela dépend vraiment de l’artiste et de sa création. Parfois nous sélectionnons un projet en sachant d’emblée où nous allons l’exposer. C’est des fois décisif dans la sélection. Le lieu est partie prenante de l’œuvre de l‘artiste.

Dh : Vous nous avez parlé du FRAC tout à l’heure, travaillez également avec d’autres partenaires ?

EM : Oui effectivement, nous travaillons avec plusieurs partenaires, pour la plupart locaux. Il y a l’Atelier de Mars, la galerie la Citerne, l’école élémentaires des Accoules, Tabasco Vidéo, le théâtre de Lenche, mais aussi le réseau Marseille Expos, qui nous prête beaucoup de matériel et la Maison Pour Tous du Panier dont je vous ai parlé tout à l’heure. Nous collaborons aussi avec plusieurs galeries associatives ou privées qui ont émergé depuis 2 ans, notamment Backside Gallerie et la galerie Polysémie. Il existe tout un tissu de structures, j’en oublie peut être, qui nous aident, s’investissent, mettent des sales à disposition, qui gardent les lieux et qui organisent parfois des vernissages et des rencontres dans leurs locaux. Il y a également un réseau de gens qui travaillent pour nous. Ceci même si nous avons un budget vraiment très minime, qui faudra que nous boostions un peu pour l’année prochaine car cette année nous sommes très très justes. Heureusement, il y a quinze bénévoles qui viennent des beaux arts, d’école nationale de la photographie et d’autres étudiants qui sont là et qui nous aident au montage, qui gardent les lieux, etc…

Dh : Justement, comment fonctionne le recrutement des bénévoles ?  

EM : Nous avons fait un appel à bénévolat qui a circulé sur les réseaux. Et nous avons eu beaucoup de réponses de l’étranger. Nous avons une italienne, une espagnole et même une colombienne. Les étudiants étrangers des écoles des beaux arts se manifestent plus que les français. Cette année c’est moitié-moitié. Ça met une bonne ambiance ! Nous embauchons également deux régisseurs intermittents du spectacle sur une semaine pour tout ce qui est technique.

Dh : Pour revenir sur le financement, comment le festival réussi-t-il à boucler son budget ?

EM : Nous avons une petite aide, mais qui est tout de même vitale, de la part du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Nous avons également reçu le soutien de la Société des Auteurs de Fixe qui soutient des manifestations et des festivals comme le nôtre. Chaque année nous essayons d’obtenir des partenariats et des financements, ce qui n’est pas toujours évident.

Dh : Dans cette optique, comment se profile le festival dans le futur ?

EM : Nous aimerions grandir à l’avenir, mais pour ceci il nous faut des moyens. Nous avons de la chance d’être soutenus localement. Dans le quartier, on nous sollicite pour être actif et il y a de très bons échos de la part des riverains. Les gens ont trouvé le festival super sympa. Il y a énormément de potentiel. Qui plus est, le quartier est rempli d’endroits atypiques et insoupçonnés. Le but serait de proposer un festival sur 2 voire 3 jours avec une trentaines de lieux différents.

Dh : On vous le souhaite et également aux marseillais !

EM : Vous le pouvez car il n’y a pas d’autres manifestations autour de la photographie à Marseille et ça serait vraiment le moyen de capitaliser notre action et les efforts que nous avons fournis depuis 5 ans.

Dh : Pour revenir à l’événement, quels en sont les points forts ?

EM : Il y a un temps fort de 14h à 16h sur les lieux d’action. Tous les artistes seront présents pour discuter avec les gens si ils ont des questions. Il y a également une rencontre à 19h15 avec l’ensemble des artistes présents au Théâtre de Lenche.

Dh : Un dernier mot ?

EM : Oui il y a également deux partenaires que je voudrais citer, Roll’Studio et la Grotte des Accoules qui ne peuvent pas  être présents cette année pour des raisons indépendantes de leurs volontés respectives mais qui ont été là depuis le début et qui ont organisé des concerts en relation avec les œuvres pendant les éditions précédentes.

Nous remercions ainsi Eric Gudimard d’avoir accordé du temps à la rédaction de Dynam’hit et lui souhaitons, ainsi qu’à vous, un bon festival La Nuit de l’Instant à Marseille dans le quartier du Panier samedi 19 avril de midi à minuit.

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