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Trois ans après la sortie de leur précédent opus, les quatre dandys britanniques de Wild Beasts sont enfin de retour avec Present Tense. Cette formation créée en 2002 à Kendal est déjà auteur de trois merveilleux albums : du glam rock flamboyant des débuts (Limbo Panto, Two Dancers)  à la  dream pop vaporeuse et minimaliste de Smother, tout leur réussit !

Des rythmiques inventives, une production cotonneuse et la voix prodigieuse de ses deux chanteurs constituent l’identité musicale singulière de Wild Beasts. Le  falsetto théâtral d’Hayden Thorpe et le timbre caverneux de Tom Fleming se marient parfaitement aux douces instrumentations composées pour cet album. Sur Present Tense le quatuor  abandonne progressivement les sonorités organiques des guitares pour favoriser une large palette de synthés et de rythmes programmés.

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L’album s’ouvre sur Wanderlust : sa rythmique rigide et saccadée, ses synthés menaçants et la voix sensuelle d’Hayden Thorpe vous rappelleront l’esthétique électronique d’Apparat. Le morceau explose lors d’une fantastique montée en puissance  où la  juxtaposition de couches sonores se mélange élégamment au phraser altier de Thorpe. On notera un texte d’une rare agressivité qui dénonce les inégalités grandissantes en Grande Bretagne.

Sweet Spot représente le nouveau virage adopté  par Wild Beasts depuis Smother. Le  son est effectivement plus subtil, nuancé et suggestif que leurs premières productions.  Les motifs de guitare en palm mute, les délicates descentes d’arpèges et le timbre chaud de Tom Fleming nous transportent dans l’univers tamisé du quatuor…

On en arrive à l’étonnante A Simple Beautiful Truth qui tranche avec le reste de l’album. Sa ligne de basse toute en syncopes, son ambiance italo disco  à la Chromatics et son  refrain catchy vous donneront envie de danser. La merveilleuse Past Perfetct amorce la fin de  l’album. Cette ballade mélancolique et crépusculaire à  l’orchestration dépouillée est magnifiée par  la performance  poignante d’Hayden Thorpe.

Wild Beasts a grandi dans l’ombre des XX ou Beach House,  mais les quatre britanniques n’ont rien à leur envier. Leur habile aggiornamento de la pop synthétique des années 80 (Blue Nile, Talk Talk) est particulièrement inspiré et original. Rien n’est à jeter dans cet album cohérent et limpide qui est le meilleur du groupe à ce jour.

Rédigé par

Brian Clot

Trésorier // Pôle programmation // Co-référent Smooth Vibes