Yung Lean Doer <3

In Chroniques d'Albums, Le Mag, News by Till Vanelst0 Comments

Jonathan Leandoer Håstad, plus communément appelé Yung Lean, également en référence au sirop codéiné, était à Paris ce vendredi dans le cadre de la tournée de son nouvel album Stranger. Pionnier du cloud rap, cet artiste suédois de 21 ans ne cesse de se réinventer au fil du temps. Découvert notamment à travers ses clips ginseng strip ou encore hurt en 2013, il s’appuie dans un premier temps sur des prods peu soignées mais lui permettant de créer sa marque. On lui associe ainsi un style mélancolique et émotionnel, renforcé par des visuels a e s t h e t i c.

L’année suivante, dans son deuxième album Unknown memory, il sort notamment Yoshi city, s’appuyant sur des thèmes revenant souvent, à savoir la drogue et les jeux vidéo. On suppose qu’il parle de Stockholm, du fait de son mépris envers son pays natif, étant notamment en désaccord avec la manière de vivre de la population. On y voit ici un lien fort avec le nom de son crew, les « sad boys », incompris et peinant à trouver leur place. Lors de ses rares interviews, Yung Leandoer cite souvent le Mexique comme destination idéale.

En 2015, il passe du temps en studio à Miami, en compagnie de ses fidèles acolytes Yung Sherman & Bladee. C’est durant cette période qu’il va sombrer dans la drogue et finir par être interné dans un hôpital psychiatrique. En parallèle, son manager du moment Barron Machat périra dans un accident de voiture. Lorsque que YL rentre alors alors en Suède, la plupart de ses tracks sont incomplètes et beaucoup de fichiers manquent. Son ami Yung Gud tentera alors de résoudre le problème et une date de sortie de son album Warlord sera annoncée. Cependant, l’album non achevé sera diffusé sur spotify par le père du défunt producteur Barron en avance, par mépris pour ce crew qu’il juge « néfaste ». Il sera retiré par la suite.

Warlord, sorti début 2016, se différencie de manière drastique des précédents albums. Beaucoup plus saignant et froid, des prods bien ficelées notamment dans Hoover, l’album de la maturité ? Il y a sans aucun doute une perte d’insouciance qui le caractérisait si bien.

Le clip de Miami ultras, dans lequel YL creuse sa propre tombe habillé en robe a énormément été relayé et se réfère à sa période en HP.

Fin 2016, il sort l’EP surprise frost god en collab avec A$AP Ferg dans lequel il nous surprend à nouveau, notamment dans son feat avec Bladee Hennessy & Sailor Moonchanson d’amour associée à un clip très coloré, presque touchant. On ressent ainsi sa volonté de chanter plus de que de rapper, apportant un nouveau souffle à son style mais gardant le flow lent qu’on lui connait.

Strangerson dernier album, est dans la lignée de son dernier EP, bien que beaucoup plus planant. Les prods sont si douces et discrètes que l’on pourrait souhaiter une version instrumentale : silver arrows en est une parfaite illustration. Coup de coeur sur yellowman, dernière track de l’album, inspirée du livre the king in yellow de Robert W. Chambers.

Alors rap, hip-hop, punk, rnb ? Difficile à dire. En tout cas Lean fait la musique qu’il aime, qu’il ressent. N’est-ce pas ça le plus important?

 

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